
Deux réalisateurs auxquels vous pourrez poser toutes vos questions lors d'une interview en direct le mercredi 5 juillet à partir 19h, l'heure sera confirmée ultérieurement.

Votre parcours est pour le moins original, qu'est-ce qui vous a conduit vers votre premier film ?
Eric : C'est vrai, marqué néanmoins par de grands moments de découragement. Olivier dit toujours qu'il a fait une éternelle licence de première année, chaque année une nouvelle première année. Il a donc successivement tenté kiné, économie et art du spectacle. Moi, j'ai suivi des études de lettres et de sciences politiques à la Sorbonne et je me suis épuisé sur la sociologie politique en DEA. Nous avons commencé à écrire ensemble et comme nous n'arrivions pas à rencontrer les comédiens auxquels nous avions envie de confier nos scénarios, nous avons décidé de monter une émission de radio pour les croiser, pour changer le rapport de force, être journaliste n'était pas une vocation. Nous avons donc créé une émission assez marrante sur un réseau périphérique, qui cassait un peu le système des interviews traditionnelles. Nous posions des questions totalement décalées aux invités et très vite, grâce à certaines attachées de presse, nous avons eu de nombreux invités prestigieux auxquels nous avons demandé de nous former. Nous faisions l'interview et leur demandions ensuite de nous consacrer un petit moment autour d'un café pour mieux comprendre le métier. Certains disaient non, mais pas mal ont accepté, cela les amusait que deux mecs complètement allumés aient envie d'un retour sur leur occupation. Nous avons eu une rencontre déterminante pour nous avec Gad Elmaleh le jour où nous sommes allés voir son spectacle. Nous avons parlé d'un film qu'il venait de faire, Salut cousin, et sommes restés deux heures ensemble au bout desquelles il a demandé concrètement quel était notre projet. Il n'y en avait pas réellement et nous en avons du coup inventé un en direct devant lui, l'histoire l'a intéressé, nous en avons écrit un scénario, il l'a montré à Jamel Debbouze, Roschdy Zem, nous avons appelé Gilbert Melki, la sauce a pris et nous avons tourné un moyen-métrage de 25 minutes qui a obtenu quelques prix. Nous avons alors tout arrêté pour développer de nouveaux projets, écrire Je préfère qu'on reste amis, une nouvelle étape compliquée à franchir, une nouvelle catégorie, celle du long-métrage, après avoir tourné un second court-métrage, Ces jours heureux, le point d'ancrage de Nos jours heureux.
Un second long-métrage que vous avez abordé du coup avec légèreté ou plutôt angoissé par le fait que l'on allait certainement vous attendre au tournant ?
Eric : Nous disons souvent que c'est notre deuxième premier film en fait. Le premier se fait avec un principe qui est assez subjectif, il faut pouvoir s'exprimer très fortement dans le sujet que l'on a choisi. J'avais lu une interview de Polanski qui soulignait que lorsqu'on a choisi un sujet, on se marie quasiment avec lui, il faut l'assumer, partout, dans toutes les conversations, il faut toujours pouvoir argumenter autour de ce sujet. Le premier film fut une expérience assez incroyable, liée beaucoup à la rencontre avec Jean-Paul Rouve. Le fait qu'il nous parle de Gérard Depardieu, le fait qu'on avait envie de mettre en scène deux générations d'acteurs, le sujet du célibat nous passionnait également et tout s'est mélangé. Les colonies de vacances étaient pour nous deux un sujet moteur, nous avions déjà tourné le court-métrage et c'est vraiment notre deuxième premier film.

Se retrouver à diriger Gérard Depardieu pour une première aventure cinématographique, ce n'était pas trop oppressant ?
Eric : Nous n'avions rien à perdre, c'était l'avantage. Par rapport à ce que vous disiez précédemment, nous avions une véritable pression. On s'imaginait difficilement sur le plateau le premier jour, d'autant plus que nous ne l'avons vu qu'une fois avant le tournage durant deux heures, nous avons lu le scénario ensemble. Nous naviguions donc totalement vers l'inconnu en craignant quelque peu sa réputation et finalement nous nous sommes jaugés durant les quatre premiers jours et la rencontre s'est faite, soudainement, en lui faisant reprendre une scène. Nous étions tellement heureux de réaliser ce film, nous rêvions de cinéma depuis tellement longtemps qu'il y aurait eu Tom Cruise en face de nous ça n'aurait rien changé.
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CINE : NOS JOURS HEUREUXEric Toledano et Olivier Nakache, après avoir étudié en large et en travers le s... | ||







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