
CINE : SUPERMAN RETURNS - CONTRE
Tout sur SUPERMAN RETURNS - La Critique - Photos - Le 2006-06-29 04:00:31Un film de Bryan Singer
Avec Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey
Durée : 2h34
Date de sortie : 12 Juillet 2006
On savait Bryan Singer capable de concilier le public de geeks le plus tristement conservateur et une plus large audience éduquée au filmage et à la narration télévisuelle. Tant qu'il s'agissait de livrer un sitcom de prime time à la X-Men (débarrassé des excès et des subtilités de la bédé d'origine) le réalisateur pouvait faire illusion et flatter le box-office dans le sens gras du poil. Mais il s'agit aujourd'hui pour lui de se frotter à un Mythe véritable (pour ceux qui auraient raté les soixante dernières années, Superman en est officiellement un, de Mythe, contrairement à l'essentiel du catalogue DC ou Marvel) et approcher une telle figure ne se fait pas avec un vague intérêt complaisant mais avec adoration, au sens strictement spirituel du terme.

A son époque, Richard Donner avait tenté l'aventure, non pas en tant que fan distrait mais en tant que converti, abordant son sujet avec l'érudition et le respect que d'autres réservent à Shakespeare (n'oublions pas qu'on parle ici d'un cinéaste qui, dans son intimité, n'hésitait pas à enfiler un costume bleu et une cape rouge). Les deux responsables de cette nouvelle adaptation, à savoir le réalisateur Bryan Singer et le producteur Jon Peters, ont chacun une toute autre vision de cette figure : pour le premier, Superman est essentiellement un beau gosse aux couleurs disco réchappé d'un spot Calvin Klein ; pour le second il est une franchise de plus dont on peut faire n'importe quoi (il fut question un temps de ne pas le faire voler) tant qu'on peut en faire des couvertures de magazine ou des logos pour tee-shirts.

Et si le mot « Mythe » a certainement été évoqué dans les réunions de travail, nul doute qu'il le fut dans son acceptation la plus débilisante, à savoir un vague machin aux couleurs de la bannière étoilée qui représenterait l'esprit conquérant du pays, ou autres considérations au raz des pâquerettes. Les scénaristes auront beau glisser du « Prométhée » au détour d'une réplique, l'acteur Brandon Routh aura beau singer ici et là les poses d'Atlas, Singer aura beau piquer à Mel Gibson quelques ralentis de chemin de croix christique, toutes ces évocations respirent l'opportunisme d'un cadre de studio qui est allé pêcher la définition de « Mythe » dans un dico de poche (la Warner a bien sous la main deux frères cinéastes qui comprennent parfaitement ce mot, elle les a tenu éloignés de cette licence). Pour ce qui est du nom « Superman », donc, on passera notre chemin. Pas d' « homme supérieur » à l'horizon, pas même de symbole, tout juste un logo, une marque, un produit supposément fédérateur dont on n'a même pas cherché à comprendre la force d'évocation.
![]() | ||
SUPERMAN RETURNS : AVIS A CHAUDLa projection de Superman Returns à la presse a eu lieu ce matin. Evidemm... | SUPERMAN : Y-A-T-IL UNE IDEOLOGIE SOUS LE COSTUME ?Aussi étonnant que cela puisse paraître, Superman porte en germe, dès sa ... | |







SUPERMAN RETURNS : AVIS A CHAUD
SUPERMAN : Y-A-T-IL UNE IDEOLOGIE SOUS LE COSTUME ?









































