
DOSSIER : LE CINEMA, SIMPLE COMME UN COUP DE FIL ?

ONE MISSED CALL & PHONE (Takashi Miike & Ahn Byeong-Ki)
En attendant le remake américain d'Eric Valette, One Missed Call, de Takashi Miike, constitue un phénomène fascinant dans le cinéma fantastique asiatique qui est loin de se réduire à un seul volet mais désormais à une trilogie qui tend, comme souvent dans ce genre de situations, vers la parodie. Il se distingue par des idées tordues, des fausses mises en abyme et une sonnerie de portable à la fois entêtante, séduisante et inquiétante. Ce qui avait commencé comme une blague suit le chemin sérieux du Ringu de Hideo Nakata. Sur un filon éprouvé (des coups de téléphone prédisent la mort de jeunes), inspiré de Phone, thriller surnaturel sud-coréen de Ahn Byeong-Ki qui n'évitait déjà pas un certain opportunisme dans ses objectifs (il plaidait plus pour le plaisir immédiat et la surenchère d'effets et non pour la distillation d'un malaise), Takashi Miike, réputé pour ses fictions difficilement identifiables, transcendait à sa manière un film de commande qui reposait sur un canevas éculé mais gagnant. Par des moyens subtils, le prolifique réalisateur nippon démontrait une faculté certaine à injecter des éléments personnels dans un scénario rompu aux lieux communs. Ce qui est encore plus désopilant, c'est de savoir que le film a relancé un phénomène qu'on aurait pu croire exsangue dès le premier avatar.
RLV

RACCROCHEZ, C'EST UNE ERREUR (Anatole Litvak, 1948)
Bien avant Phone Game, Raccrochez, c'est une erreur de Anatole Litvak (La nuit des généraux) est certainement l'un des premiers à avoir exploité de manière aussi ouverte le téléphone comme moteur à suspens. Réalisé en 1948, ce film s'intéresse au cas d'une invalide, clouée dans sa chambre malade. Alors qu'elle tente de joindre son mari, elle surprend une conversation téléphonique entre deux hommes qui projettent d'assassiner une femme. Après de multiples coups de fil, elle comprend qu'elle est la victime désignée. Bluff ou réelle menace ? La réponse ne sera donnée qu'à la toute fin ; mais, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle s'avère inattendue et surprenante. Elle est l'aboutissement idéal d'un film qui repose sur l'angoisse sourde et éprouve rudement les nerfs. Trop injustement oublié aujourd'hui, ce petit thriller est pourtant digne des plus grands Hitchcock.
RLV
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7]
![]() | |||||
|
|
| |||
| |||||






































