

Excessif : D'où vous est venue l'idée de ce premier long métrage ?
David Moreau : A l'origine, on voulait faire un film commercial voué au public. On n'a pas une aversion envers le cinéma d'auteur. Le film est né de peurs ordinaires : j'ai demandé à mes copains et à ma petite amie ce qui leur faisait peur...
Xavier Palud : Quand David dit commercial, je précise populaire. On n'a pas fait Ils pour faire de l'argent mais plus pour partager le sentiment de peur avec toutes les catégories de public.
DM : Quand on posait cette question, la réponse qui revenait le plus régulièrement était "que des intrus pénètrent chez moi". L'histoire du couple, et tout le reste, est venue sur le tard, on ne l'a trouvée qu'après une première version du scénario. Mais c'est venu assez naturellement. On n'est pas des nerds du genre, on aime tous les cinémas.
Quels autres genres seraient susceptibles de vous intéresser ?
DM : Tout...
XP : On est parti vers l'horreur parce qu'on galérait un petit peu au début. On a au préalable voulu faire un film qu'on allait auto-produire. L'horreur était ce qui pouvait se faire de manière la plus économique tout en ayant de la gueule. On a envoyé le script à cinq boîtes de production différentes pour avoir un retour, pour voir ce que le film valait. Trois boîtes sur cinq nous ont répondus positivement dont Richard Grandpierre. Très vite, il s'est crée un lien entre nous. Cinq mois après, on signait avec lui.

Un film d'horreur à budget économe réalisé par deux jeunes réalisateurs évoque légitimement Le Projet Blair Witch...
DM : Pas du tout.
XP : Pour nous, ce n'était pas une référence, d'autant qu'on n'aime pas ce film.
DM : Disons que c'est un film très malin qui possède un concept très fort. Effectivement, ce film a une incidence sur le nôtre dans le sens où avec très peu de moyens, les cinéastes ont fait naître un véritable buzz médiatique. Pour nous, ce n'était pas un exemple mais je dirais plutôt une bonne référence.
XP : On avait envie de défendre les protagonistes et l'idée de n'avoir que leur point de vue.
D'où les parti-pris formels. Vous avez changé de pellicule lors de la scène finale ?
DM : Non, en fait les jours sont tellement difficiles à filmer que de temps en temps pour que l'image soit regardable, on est obligé d'avoir un parti-pris d'image assez fort. On avait aussi l'intention de montrer un éblouissement avec une image délavée. On voulait reproduire cette impression de lumière après avoir passé des jours dans une chambre noire. Des films comme 28 jours plus tard ont également de vrais parti-pris d'étalonnage.
XP : Sur le jour, la vidéo n'est pas possible. Mais la vidéo est moins une contrainte économique qu'un choix artistique pour cerner les personnages même si je pense que le spectateur n'en tient pas vraiment compte.
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