
DOSSIER MIAMI VICE : LES DUOS DE CHOC
Tout sur MIAMI VICE - LE FILM - La Critique - Photos - Le 2006-07-20 10:30:40Cependant le cinéma nous a également offert un nombre incalculable de couples de policiers, associés, en tout bien tout honneur, pour combattre le crime. Ils doivent eux aussi souvent faire face au système, mais leur association confèrent au récit une dynamique particulière. Ces duettistes devinrent même à ce point récurrents dans le cinéma américain au cours des années 80 qu'ils constituent aujourd'hui un sous genre, sous genre qui finit même par déborder du strict cadre policier.

UN TRAVAIL D'EQUIPE
Sans remonter très loin (jusqu'aux années 60) on peut trouver des exemples marquants de duos de flics. Dans la Chaleur de la Nuit nous montre ainsi Virgil Tibbs (Sidney Poitier), un policier Noir, qui est arrêté dans une petite ville du Mississippi par un adjoint du shérif qui voit en lui le coupable idéal d'un crime qui vient d'être commis. Lorsque le shérif (Rod Steiger) découvre que Tibbs est un membre des forces de l'ordre de Philadelphie, il est vite relâché. Mais les supérieurs de Tibbs lui demande de rester sur place afin de collaborer avec le shérif pour résoudre cette affaire.
L'association du shérif Blanc du sud et du policier Noir de la criminelle venu de la côte est sert avant tout un propos politique. Le film utilise les codes du récit policier pour nous parler du racisme dans cette Amérique qui connaissait encore les ravages causés par un véritable apartheid (nous sommes en 1967). Dans la Chaleur... s'inscrit donc largement dans la tradition d'un polar en prise avec la réalité sociale, et son caractère de film à thèse prend le dessus sur tous les autres aspects.
En 1971, William Friedkin s'attaqua lui aussi au polar réaliste avec French Connection. Issu du reportage et de la télévision, Friedkin appliqua une approche documentaire au genre. Le film déploie toute son efficacité dans son utilisation du contexte urbain: violence, rues et bâtiments crasseux, pauvreté des quartiers populaires, langage ordurier, travail de terrain des policiers. Le binôme d'inspecteurs est ici utilisé par soucis de réalisme: l'intrigue étant inspirée de faits réels (un réseau de trafique de drogue démentelé en 1962 par deux inspecteurs new-yorkais), la réalité du travail en duo s'est naturellement imposée. Moins politiquement correct que Dans la chaleur..., le film prend pour personnage central Jimmy "Popeye" Doyle (incarné par Gene Hackman), flic intègre mais violent et réactionnaire, très loin de l'exemplarité d'un Virgil Tibbs. Il est associé à Buddy Russo interprété par Roy Scheider. La relation entre les deux personnages est basée sur le contraste entre la personnalité explosive de Doyle et celle beaucoup plus retenue de Russo. Cette association de contraires qui se complètent passent également par leur apparence. Popeye est une force de la nature et le petit chapeau qu'il porte constamment confère à sa silhouette la touche d'excentricité qui souligne sa personnalité frondeuse. Russo, par l'intermédiaire du physique émacié de Scheider - et d'un jeu très sobre de ce dernier - donne immédiatement l'impression d'un inspecteur beaucoup plus conventionnel.

On pourrait presque reconnaître dans ces deux premiers exemples un des ingrédients majeurs du buddy-movie: l'alliance de personnages fortement contrastés. Cependant les ressorts dramatiques ne s'appuient pas encore totalement sur la dynamique du duo. L'aspect social et l'évolution de l'intrigue constituent encore les enjeux fondamentaux de ces deux métrages.

















































