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CINE : LE MAITRE D

CINE : LE MAITRE D'ARMES

Tout sur LE MAITRE D'ARMES - La Critique - Photos - Le 2006-07-28 11:08:03


Un film d'arts martiaux dans la pure tradition du genre, dont les légers problèmes de rythme se font vite oublier grâce à des séquences martiales spectaculaires et brutales, une belle direction artistique, et une interprétation inspirée de Jet Li.

Elodie Leroy 8
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Outre le retour au pays de l'une des plus grandes stars chinoises du cinéma d'action, Le Maître d'Armes marque aussi la renaissance d'un genre devenu rarissime depuis plus de dix ans : le film d'arts martiaux, le vrai. S'il n'est pas exempt de quelques défauts, ce nouveau Ronny Yu (Jiang Hu) respecte l'esprit traditionnel du genre et tient largement ses promesses en matière de séquences martiales, lesquelles se révèlent aussi spectaculaires que variées, tandis que l'oeuvre toute entière est habitée par un Jet Li très inspiré par son personnage.

LE MAITRE D'ARMES
Un film de Ronny Yu
Avec Jet Li, Collin Chou, Shidô Nakamura, Dong Yong, Betty Sun, Nathan Jones
Durée : 1h44
Sortie le 20 septembre 2006

L'histoire de Huo Yuan-Jia (1869-1910), fondateur de l'Ecole de kung-fu de Jingwu Men. Fils d'un maître d'arts martiaux, Huo Yuan-Jia est exclus de l'enseignement familial en raison de sa fragile constitution. Il étudie pourtant en secret et développe des techniques novatrices. Devenu adulte, Huo ne rêve que de provoquer de nouveaux adversaires afin de devenir le plus grand combattant de Chine. Mais suite à une offense auprès de l'un de ses élèves, il tue son rival, ce qui provoque une suite de catastrophes incontrôlables. Détruit, Huo Yuan-Jia disparaît et entame une retraite de plusieurs années...

le maître d'armes fearless huo yuan jia jet li ronny yu

Depuis la crise du cinéma de Hong Kong qui a eu lieu à la fin des années 90, le film d'arts martiaux pur avait pour ainsi dire presque disparu. L'échec cuisant de The Blade (Tsui Hark) au box-office hongkongais en 1995 était symptomatique de la fin d'une ère ; le genre avait fait son temps dans le coeur du public local et lassé du même coup les producteurs. Certes, les cinéastes de la cinquième génération de Chine continentale, inspirés par l'accueil mondial chaleureux reçu par le Tigre et Dragon de Ang Lee, s'étaient entre temps réapproprié le wuxia pian à travers des oeuvres de qualité inégale mais souvent novatrices (Hero, Le Secret des Poignards Volants, Wu Ji). Du côté de l'ex-colonie britannique, les scènes de combat avaient définitivement changé de visage, privilégiant à la richesse chorégraphique la dimension spectaculaire (China Strike Force, 2000 AD), le caractère gentiment fashion (Gen-X Cops), ou encore la dérision (Shaolin Soccer), quand les arts martiaux ne faisaient pas office de simple décoration destinée à permettre aux acteurs de prendre la pose (Stormriders). Toutefois, on assiste depuis quelques temps au retour de l'action virtuose dans le paysage cinématographique hongkongais à travers des productions dotées de scénarios de plus en plus soignés et dont jaillissent parfois des scènes d'anthologie. Outre le récent retour de Tsui Hark dans le wuxia pian avec Seven Swords, ou encore le récent New Police Story (Benny Chan), dans lequel l'authentique Jackie Chan se rappelle à notre bon souvenir, on citera surtout le monumental SPL (Wilson Yip), l'une des meilleures (si ce n'est la meilleure) productions dont Hong Kong ait accouché ces dernières années.

le maître d'armes fearless huo yuan jia jet li ronny yu

Tout cela était bien beau - magnifique parfois - mais cela ne résolvait pas le problème qui nous occupe : la mort du film d'arts martiaux. Précisons que l'on entend par film d'arts martiaux une oeuvre dont les enjeux majeurs et le parcours des personnages sont étroitement liés à la discipline, à la différence du film dans lequel l'utilisation des arts martiaux se limite aux scènes d'action. Si le cinéma d'arts martiaux avait disparu, que dire des grandes figures qui ont fait sa renommée ? On se souvient que Tsui Hark réinventait le film de kung-fu en costumes en 1991 avec le légendaire Il était une fois en Chine mais que le genre était tombé en désuétude à la fin du millénaire, au grand dam des aficionados qui ne juraient que par les héros à la natte de Mandchoue... Wong Fei-Hung et Fong Sai-Yuk avaient-ils définitivement pris un coup de vieux ? On était loin d'imaginer que l'inégal Ronny Yu serait l'homme de la situation pour combler ce vide et ressusciter un genre qui nécessite une solide expérience dans le domaine. Le registre du réalisateur navigue en effet allègrement entre le fabuleux Jiang Hu et son improbable séquelle, quand il ne nous pond pas subitement un Freddy contre Jason. Avec Le Maître d'Armes, Ronny Yu prouve une fois de plus quel artiste imprévisible il est, même si l'on ne saurait négliger la batterie d'excellents collaborateurs dont il a su s'entourer.

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