
LES HEROINES CHEZ MIYAZAKI
Tout sur NAUSICAA DE LA VALLEE DU VENT - La Critique - Photos - Le 2006-08-23 03:37:23
NAUSICAA DE LA VALLEE DU VENT
L'héroïne comme être humain universel
Contrairement à la plupart de ses confrères, Hayao Miyazaki adopte bien souvent un porte-parole féminin pour faire passer des messages universels. Non dans une optique de « laisser la parole aux femmes » en tant que telles. La démarche du cinéaste accorde résolument à ses personnages féminins la position d'être humains universels, c'est-à-dire appelant à l'identification de tous les spectateurs, une position qui, il faut bien le dire, est habituellement le monopole des héros masculins, en particulier lorsque les histoires s'adressent aux enfants. Fort heureusement, Miyazaki n'est pas le premier à avoir eu cette idée : rien que les cartons mondiaux et intemporels du Magicien d'Oz ou même de Alice au Pays des Merveilles avaient prouvé que les enfants étaient largement capables de passer outre les différences pour s'identifier à un personnage. Pourtant, peu de contes ou d'histoires destinées à tous les publics s'attardent sur les aventures de petites filles ou de jeunes filles, sauf s'il s'agit de les mettre en scène dans des aventures les menant inéluctablement à un mariage. Problématique perçue comme féminine, le mariage devient alors l'aboutissement de son histoire, tandis qu'il n'est qu'une étape dans la vie d'un héros. Avec Hayao Miyazaki, ces enjeux semblent avoir été évacué d'un revers de main. Ses oeuvres dressent les portraits vivants d'enfants ou de jeunes filles qui découvrent le monde ou plaident pour de grandes causes humanistes.

MON VOISIN TOTORO
De manière générale dans le monde du manga et de la japanimation mainstream, l'héroïne traditionnelle, qui incarne la fille/femme idéale japonaise, se doit d'être douce, sensible et attentionnée, dévouée aux autres dans un esprit d'oubli de soi. Cet archétype est celui d'une jeune fille bien souvent passive, ce qui l'amène à se voir traitée comme une enfant. On le remarque surtout dans les animation shônen, c'est-à-dire destinées aux garçons, qui ne font en général place qu'à deux grands types de personnages féminins : la gentille fille qui ne rêve que de préparer son pique-nique au héros, pendant que celui-ci se bat pour l'humanité, et la femme forte donc castratrice. Plus floue dans les années 80, comme en témoigne l'univers d'un Leiji Matsumoto, cette dichotomie n'a fait qu'empirer ces dernières années. Il n'y a qu'à observer le fossé qui sépare les personnages féminins de Gundam 0079 et Gundam Seed pour s'en convaincre. Dans les animation shôjo, la problématique est plus subtile, ne serait-ce qu'en raison d'un développement psychologique plus fouillé des personnages. Ce qui ne veut pas dire que les héroïnes échappent à leur condition, preuve en est le nombre d'entre elles révélant dès le plus jeune âge une angoisse de ne pas devenir de "bonnes épouses". Lorsque des drames lui tombent dessus, l'héroïne typique n'a qu'un mot d'ordre : garder le sourire et continuer à servir les autres en encaissant la cruauté du monde sans se plaindre - telle princesse Sarah, dont les misères ont traumatisé toute une génération.

KIKI LA PETITE SORCIERE
Ces généralités représentent bien entendu la tendance dans les animations et mangas mainstream : les shôjo et les shônen ont démontré leur capacité à faire preuve de diversité et à se renouveler, les meilleurs étant bien souvent ceux qui transcendent leur catégorie. Justement, si ses films s'adressent incontestablement aux enfants et aux jeunes, Hayao Miyazaki fait partie des cinéastes dont il est extrêmement difficile de classer l'oeuvre dans une case telle que shôjo et shônen. On peut même soutenir que son oeuvre échappe à toute classification.












































