
Bernard Blancan est ainsi le premier de cette généreuse équipe avec lequel nous avons eu la joie de nous entretenir, le premier à poser son regard sur cette aventure, sur ce film sur lequel nous reviendrons régulièrement dans les prochaines semaines, en donnant la parole à ceux qui lui ont donné toute leur énergie, toute leur fougue.

Au-delà du simple fait qu'il vous offrait un rôle très intéressant, qu'est-ce qui a motivé votre engagement dans cette aventure ?
Ce film, c'est avant tout une rencontre, celle avec Rachid Bouchareb, qui est un réalisateur pour lequel j'ai vraiment sincèrement beaucoup d'admiration. J'ai également trouvé son propos très intéressant et il m'a semblé indispensable de participer à ce film, de le défendre, même si, d'une certaine façon, c'était une aventure qui m'effrayait. J'ai, en effet, commencé à tourné il y a tout juste six ans et cela m'angoissait d'être propulsé au coeur d'un projet qui allait se retrouver particulièrement exposé, d'autant plus qu'il me semblait en fait que ce rôle n'avait pas spécialement été écrit pour moi. Je n'avais jamais interprété ce type de personnage et j'avais le sentiment de prendre un risque énorme, je craignais de ne pas être à la hauteur, de nuire au film.
En quel sens aviez-vous l'impression que ce n'était pas un rôle qui vous correspondait ?
En fait s'il y a un personnage vers lequel je serai plus naturellement allé c'est celui de Saïd interprété par Jamel Debbouze. C'est un rôle dont je me sentais proche psychologiquement, le gars assez décidé, mais, en même temps, influençable, manquant d'assurance, acceptant l'autorité. Martinez est à l'opposé de ces traits de caractère, en revanche, il a des failles que je n'ai pas immédiatement saisies en lisant le scénario, je ne m'étais arrêté que sur le sergent gueulard, autoritaire, ce qui n'était vraiment pas moi.

Ce sont ces failles qui vous ont permis de vous fondre dans sa personnalité ?
C'est un personnage qui se cache, on en découvre peu à peu les différentes facettes. Ce qui m'intéressait c'est ce qu'il n'ose pas dire, ce qu'il se cache à lui-même. Il est issu d'une génération du silence. Il n'était pas évident à saisir, mais, en même temps, je n'ai pas l'habitude d'aborder mes rôles en les décortiquant psychologiquement. J'aime les comprendre et cela m'a rassuré de sentir ses failles, mais, lorsque je joue, je me fixe beaucoup plus concrètement sur la situation. Pour moi, c'est une erreur de jouer une séquence en s'arrêtant sur celles qui précèdent ou celles qui suivent, il faut visualiser plus simplement la scène, juste se plonger dans la situation.















































