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CINE : FAMILY PORTRAITS

CINE : FAMILY PORTRAITS

Disons-le d'emblée: Family Portraits, de Douglas Buck (quelque part entre Benny's Video et Dog Days sur le mode expérimental) est une sorte d'objet bizarroïde et farouche, d'autant plus monstrueux qu'il repose sur trois fois rien, s'inscrit dans un contexte résolument minimaliste (deux personnages seuls dans un cadre peuvent constituer une source de danger potentiel) et dessine, avec un couteau bien aiguisé, une balafre méchante et sarcastique au portrait de tonton Sam, comme s'il avait besoin d'une couche de rouge supplémentaire. La vision qu'il donne de l'humanité est à se flinguer.

FAMILY PORTRAITS
COUP DE COEUR ROMAIN LE VERN
Réalisé par Douglas Buck
Avec Sally Conway, Gary Betsworth, William Mahoney
Date de sortie : 4 octobre 2006

Trois histoires en une: une épouse oubliée par son mari se regarde dans le miroir et dessine avec sang le sourire qui lui manque; un père de famille marqué par quelques traumas d'enfance devient jaloux de l'affection que sa fille porte à sa mère (et aux autres) et pète les plombs de sa vie bien rangée; une adolescente infirme rend visite à celui qui est responsable de son état. Bienvenue en Amérique.


Présenté comme "une trilogie sur l'Amérique", Family Portraits contient en réalité trois courts métrages tournés à des périodes dissemblables par le réalisateur Douglas Buck (Cutting Moments en 1997, Home en 1998 et Prologue en 2003) qui ont en commun la même prédilection pour les atmosphères dérangeantes et les personnages névrosés qui trouvent un sens à leur existence déprimante en oubliant les conventions sociales ou en ayant très souvent recours à la violence extrême et à la souffrance pour enfin réapprendre à aimer (dans le premier sketch, une mère de famille dessine un sourire sur une glace avec son propre sang). C'est une grande idée de les avoir réunis. Si, en apparence, les trois films semblent traiter des mêmes thèmes (aliénation sociale, conflits familiaux irrésolubles, mal-être intérieur, secrets qui remontent progressivement à la surface), ils témoignent en réalité de l'évolution d'un réalisateur unique qui d'années en années a peaufiné son style en partant de l'explicite (les outrances gores du premier) pour progressivement tendre vers la suggestion trouble (la subtilité inattendue du dernier). Le tout forme un grand film tordu, malsain et rudement impressionnant.


D'un bout à l'autre, on retrouve la même envie de tester les résistances du spectateur face à des images tellement cruelles qu'elles peuvent donner envie de détourner le regard de l'écran ou pousser au reflexe instinctif de sortir de la salle. En très peu de mots (les personnages ne sont pas bavards parce qu'ils n'ont rien à se dire); en se contentant de scruter des regards perdus et d'enregistrer des silences lourds de sens (les plans durent infiniment pour que l'horreur imprime durablement la rétine), Douglas Buck dépeint toute l'horreur d'un rêve américain qui n'est plus et se situe quelque part entre Todd Solondz, Alex Van Warmerdam et Nacho Cerda avec une touche de Bill Plympton pour le surréalisme trash.

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  Note des Lecteurs
pumpkin Mr LeVern doit avoir une sacrée migraine ...    31 aout
Anti-Helljohn Mouaih sans moi la Romain 3    31 aout
 


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