
SPECIAL DEAUVILLE : INTERVIEW PATRICK WILSON (HARD CANDY)
Tout sur HARD CANDY - La Critique - Le 2006-09-07 11:10:11
Quelle a été votre première réaction quand vous avez lu le script d'Hard Candy ?
A la première lecture, je me suis demandé qui avait pu écrire ça. J'étais intrigué parce que je ne savais pas quoi en penser. Il en émane une telle violence physique. Personnellement, je n'avais jamais vu une telle explosion de violence latente dans un film américain. Je me suis également demandé comment j'arriverais à retranscrire cet état. Parmi les choses qui m'ont aussi déroutées, il y a le fait que nous avons tourné le film en seulement 18 jours. Ma petite amie de l'époque a lu le script et m'a conseillé de le faire parce que le personnage était très ambigu et que cette occasion ne se présente pas tous les jours. Je suis heureux du résultat.
Hier, le film Little Children, aujourd'hui Hard Candy. On vous voit dans deux films en compétition mais ils n'ont pas été réalisés au même moment. Qu'avez-vous fait entre temps ?
Entre les deux films, il s'est déroulé approximativement deux ans. Entre temps, je me suis marié, j'ai eu un enfant... D'un point de vue professionnel, j'ai beaucoup tourné, ça m'amuse que ces deux films soient présentés quasiment en même temps. J'ai eu un petit rôle dans le film Running with Scissors réalisé par un type génial. C'est juste un cameo mais j'en suis fier. J'ai également fait un petit film indépendant qui s'appelle American Gothic et j'en ai fait un autre intitulé Purple Violets. Autrement, j'ai fait beaucoup de pièces de théâtre à Broadway.

L'audace du film vient du fait qu'il repose sur un huis clos et par conséquent donne une importance cruciale aux confrontations d'acteur. Comment avez-vous réussi à produire cette tension avec Ellen Paige ?
Je tiens d'abord à signaler que c'est une actrice de feu. Tous les efforts que l'on a fournis sont reproduits à l'écran. Pour quiconque, je pense que des rôles pareils, aussi complexes et tordus, constituent une aubaine. A l'époque, elle n'avait que 18 ans et elle devait interpréter un personnage qui n'avait que 14 ans. Elle vient d'une grande famille du Canada et a le sens de la réalité. Il n'est rien de plus amusant pour une personne dite stable d'interpréter cet état de fureur hérétique. Elle était bien dans sa peau mais se transformait dès qu'elle jouait son personnage. Bizarrement, on n'a pas eu le temps de bien se connaître étant donné la durée du tournage mais je dois reconnaître que la situation était étrange parce qu'à l'époque, j'avais 33 ans. Ce n'était pas dérangeant parce que ça convenait à l'intensité que l'histoire réclamait. C'est-à-dire qu'on arrivait sur le plateau comme deux boxeurs sur le point de se cogner. On jouait nos répliques puis après on reprenait notre train-train habituel. J'ai pris un vrai plaisir à jouer avec elle sur le plan professionnel, mais je serai incapable de vous dire ce qu'elle est dans l'intimité.
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