toutes les news SommaireSAW 3 : NOUVELLE BANDE-ANNONCE
DOSSIER : LES NOUVEAUX DEFIS DU CINEMA POLITIQUE

DOSSIER : LES NOUVEAUX DEFIS DU CINEMA POLITIQUE

Le film de Steven Zaillian Les Fous du roi relance le débat sur le cinéma politique et ses défis...

La culture cinématographique est par essence liée au divertissement. Depuis les premières cabanes de forains où les films étaient présentés, aux Pirates des Caraïbes. Il faut que le spectateur en ait pour son argent, qu'il soit collé au siège. Alors on lui en fout plein la gueule. Des effets spéciaux sont parfois le seul critère pour un film, sa seule motivation (pensez au catastrophique naufrage du Poseidon de Wolfgang Petersen, film indubitablement idiot, grotesque qui ne tient que par ses effets spectaculaires). C'est un aspect de l'industrie, dont on ressent les effets en France. Peu d'argent pour les films ambitieux. On va vous donner du Boulet, des Brigades du tigre, des Bronzés 3.



De l'autre côté de l'Atlantique, même frilosité. On verra des films creux dorés sur tranche, des suites survitaminées qui feront des millions d'entrées et rapporteront des billets verts. Après tout, faut bien vivre, alors on vous sort du Alien vs Predator, du Doom, du Tomb Raider... Oubliez pas votre popcorn et votre soda qui fait du bruit quand vous le finissez à la paille. C'est une facette du cinéma. Les gens y vont pour l'oubli, pour se changer les idées, s'aérer la tête. De là à se faire lobotomiser il n'y a qu'un pas. Adaptons donc de bons jeux videos pour en faire de mauvais films (Silent Hill, Resident Evil...). Ça marche. Ça rapporte et tout le monde est content.

Alors dire ça, ça vous classe instantanément chez les snobs qui boudent leur plaisir. Mais on peut aimer Star Wars et affirmer ça. On peut apprécier Spiderman, Batman (version Burton et Nolan) et même la dernière mouture nostalgique de Superman. Un blockbuster n'est pas nécessairement idiot. Il peut être bien ficelé entre de bonnes mains et même délivrer son petit message. On note cette tendance en ce moment à Hollywood. Il ne faut donc pas tout mélanger. Il y a les films qui sont des machines à fric et conçus comme tels et il y a les autres, qui répondent certes à une forte attente, mais qui ont une vraie démarche artistique.



Et puis il y a les films qui divertissent et qui témoignent de leur époque et c'est ceux dont je veux parler ici. Parce que le plaisir et le spectacle ne sont pas forcément idiots, ne vont pas seulement manier des concepts simplistes (genre "Dieu nous bénisse, sauvons le monde et le drapeau"). Il y a des films et des metteurs en scène qui, tout en ne perdant jamais de vue le public, le maintenant en haleine, tente de lui expliquer un peu de la marche du monde. Pour l'affranchir, l'éduquer un peu. Après, c'est à prendre ou à laisser, on peut trouver ça partisan, subversif, orienté, manipulateur. On peut aussi admirer l'habileté et le courage que ça exige de jouer sur les deux tableaux, le divertissement et l'engagement. Ne pas évacuer l'histoire, ne pas la foutre dehors quand le film commence, garder son spectateur en état d'éveil, de conscience, lui titiller le sens critique en même temps que sa soif de sensations fortes et d'images choc. L'inciter à poser le regard sur ce qu'il voit en coup de vent dans les journaux de vingt-heures. Le forcer à se poser et à s'interroger. De prendre le temps de la réflexion et d'absorber l'information en la faisant passer avec la force d'une histoire.

Récemment, on a vu avec des films comme Lord of War d'Andrew Niccol, The Constant Gardener de Fernando Meirelles, Jarhead de Sam Mendes, Syriana de Stephen Gaghan, Good Night and Good Luck de George Clooney ou Vol 93 de Paul Greengrass, qu'un tel cinéma était encore possible et qu'il pouvait toucher le grand public, avoir du succès. Dans la grande tradition des films qui dénoncent comme Les Hommes du Président, Johnny Got His Gun, Salvador ou Platoon. En fait presque tous les films d'Oliver Stone témoignent de cela (comme on le verra dans un autre dossier), de ce besoin de dépeindre l'époque, de donner un point de vue, d'éclairer le spectateur, même avec une vision forcément partisane puisque subjective et empreinte du vécu de son auteur. Michael Moore est dans ce cas aussi, même si ses films sont des documentaires.



Il serait intéressant, surtout maintenant, en ces temps troublés et alors que plusieurs films sur le 11 septembre ont été faits et sortent (dont celui de Stone), de se pencher sur ce cinéma là, où le metteur en scène se mouille pour donner un point de vue, mettre au jour un problème.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7] [p8]

CINE : LORD OF WARCINE : LORD OF WAR

Une tuerie !!! Voila ce que dira la jeune génération en sortant de Lord of war, ...
 CINE : GOOD NIGHT, AND GOOD LUCKCINE : GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK

Après un premier essai qui avait laissé entrevoir le talent naissant d’un acteur...
vos avis Ajouter un avis
LOUIS Le cinéma engagé et moi...    18 sep
Tchakna Super post ...    18 sep
 


Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami