

Ce projet a t-il généré un engagement plus personnel de votre part ?
Effectivement, je me suis posé la question, c'est d'ailleurs le danger avec de tels films, s'y impliquer plus que le projet ne l'exige, ce qui n'est pas forcément bon. J'ai donc essayé d'aborder ce rôle avec professionnalisme comme d'habitude, en me consacrant pleinement à un rôle qui me plaisait, me motivait. J'ai de toute façon en général besoin de m'impliquer totalement, de faire corps avec le projet.
Etait-ce néanmoins un sujet sur lequel vous vous étiez déjà penché, un pan de votre histoire qui vous avait marqué ?
Non, parce que c'est un pan de l'histoire qui est occulté, en France, mais également dans nos propres familles, donc, effectivement, avant que Rachid Bouchareb ne m'en parle, il y a sept ou huit ans déjà, je n'avais jamais imaginé, ni même pensé, que des soldats africains avaient ainsi pris part à cette guerre, avaient défendu avec une telle ferveur les intérêts de la France, qu'ils ont contribué à libérer.

Avez-vous pris du coup le temps de creuser le sujet afin de mieux le cerner ?
C'est toujours un vrai challenge d'interpréter des personnages ayant existé ou issus d'une réalité particulièrement forte. On leur doit de s'intéresser à ce qu'ils ont vécu, d'essayer de se rapprocher au maximum de leur histoire, de leur personnalité, d'essayer de faire en sorte qu'ils puissent se reconnaître, ce qui a été le cas ici lorsque les anciens mitrailleurs algériens ont découvert le film, ce fut particulièrement poignant. Pour moi, accepter un rôle passe par un travail approfondi, des recherches, la vision de documentaires, cela m'intéresse, c'est ce qui m'inspire.
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