
AVIS DU JOUR : RESIDENT EVIL APOCALYPSE

Ami cinéphile, toi aussi tu aimes rigoler devant des perles de cinéma Z ? Resident Evil Apocalypse est pour toi. Véritable morceau d'anthologie du navet où rien n'est à sauver ( si ce n'est la plastique des actrices ) et où chaque bobine épileptique est prétexte à un bon gros moment d'humour gras involontaire, ce film d'Alexander Witt ( dont personne ne sait rien ), si l'ont peut parler de film est depuis sa sortie, entré au panthéon du mauvais goût qu'il a révolutionné. Resident Evil, ou comment gâcher deux opus d'une des meilleurs séries vidéo-ludiques ( et à fort potentiel cinématographique ) d'un seul coup. Coup d'essai, coup de maître. Explications.
Resident Evil Apocalypse suit ( inconsciemment je pense ) plus ou moins la trame classique des films de zombies. C'est à dire : une introduction apocalyptique ( ici dans les deux sens du terme ) qui plonge les protagonistes et le spectateur dans l'action, puis trame relatant les péripéties pour aboutir à une conclusion souvent pessimiste ( ici on ne sait que penser, on se contentera de qualifier la conclusion d'humoristique ) car rappelons le : les films de zombie sont souvent prétextes à amener à une réflexion ( voir les films de Romero, qui ont inspiré le jeu vidéo et malheureusement pas ce « film » ) à travers un contexte de film horrifique. Donc on peut distinguer une introduction dans ce gâchis, premier bon point ? Et bien non, mille fois non. Prétexte à une démonstration technique de bas étage ( photo digne d'une pub Pepsi, prises de vue improbables ... ) et au déballage d'éléments d'un mauvais goût flagrant. En moins d'une demi-heure, on assiste donc à : une contamination de masse en temps réel ( bien qu'on ne le voit pas ! ), un petit numéro de cosplay qui frôle le ridicule ( avec Jill Valentine et sa robe hommage en polyester ) et surtout à la transformation d'Alice en Terminator ( nous y reviendrons. ). Sens du découpage brillant ( on commence une action qui ne sert à rien et on place une ellipse tout aussi inutile, passage à une autre action importante montrée un point de vue externe, puis de nouveau focalisation sur l'action inutile qui se finira au bout de la vingtième répétition de ce schéma « inédit » ), Interprétation brillante, mise en scène inventive ( discussions filmées au niveau des pieds avec angle à 45° et travelling horizontal, du jamais vu ! ). En plus de planter les décors du métrage, cette introduction forte d'ampleur dramatique ( oui, c'est le mot ) indique vite au spectateur innocent la direction « artistique » prise par le réalisateur et son scénariste, l'horrible Paul Anderson qui avait déjà détruit la licence en signant le premier opus. Radical.

Ensuite on assiste jusqu'à la fin à l'électrochoc Resident Evil Apocalypse dans un déluge de non sens filmique qui atteint la perfection en son genre. Action grotesque, plans épileptiques et laids ( on reprend le schéma de Verhoeven sans le comprendre : quand le maître hollandais dis : un plan une action, il filme Rico vider son chargeur en un plan. Witt lui montre ses protagonistes allumer leur clope en 1 plan proche de l'image subliminale ! ), images statiques, cadrages jamais vus, scénario qui a au moins le mérite d'être imprévisible ( mais peut on parler de scénario ? ), acteurs immenses. Prenons en illustration l'exemple de toute la séquence dans l'église, devenue. Les personnages entrent dans l'église, Jill qui est un garçon manqué ( ce qui casse complètement le magnifique personnage du jeu, qui étais une femme touchante à la fois de force et de fragilité ) dans le film part affronter un curé fou qui nourrit avec des membres sa soeur chérie. Elle revient dans la pièce principale et voit ses compagnons en prise avec des Lickers que personne n'avait remarqué en entrant. Après des joutes risibles, Alice entre en volant sur sa moto par un vitrail ( véridique ! ) et explose les Lickers ( dont un en lui envoyant la moto dessus en en faisant exploser l'engin ). Elle en crucifie même un à l'horizontal et lui explose la tête avec son fusil à pompe ( nombre de plans pour montrer cette explosion numérisée : 15 ). Ici on a une démonstration formelle de ce qu'est Resident Evil Apocalypse. La séquence illisible sombre dans le n'importe quoi filmique ( voir Jill ramper sous les bancs de l'église pour dénicher les Lickers pour le croire ).
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