
INTERVIEW VIDEO : ALFONSO CUARON (LES FILS DE L'HOMME)
Le sujet des
Fils de l'homme permet à Alfonso Cuaron d'expérimenter d'un point de vue formel. Sa caméra séduit l'oeil par le travail visuel déployé (agencement de plans-séquences étrangement distendus) et l'esprit par sa substance complexe (charge politique contre le fascisme rampant vers lequel certaines démocraties peuvent se diriger aveuglément). Le cinéaste mexicain a fait des progrès considérables depuis ses débuts sur ces deux plans: tout d'abord, il poursuit ce qu'il avait commencé sur
Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, l'un des meilleurs opus de la saga du jeune sorcier, en terme de fluidité, de mouvements de caméra, de travail technique et sur la notion de point de vue, mais également sur
Y tu mama tambien, son road-movie aux antipodes des
Fils de l'homme dans lequel deux potes immatures sillonnaient des routes hasardeuses en compagnie d'une femme qui en même temps qu'elle les initiait à un sexe sans tabou révélait leur sensualité et leur sensibilité refoulées. Au bout du chemin, on voyait là où Cuaron voulait en venir : profiter d'une chronique adolescente potache pour en révéler la mélancolie insoupçonnée et donner de la profondeur à un exercice qui aspirait à davantage de frivolité et d'insouciance. Il se sert de ses acquis pour édifier un récit de science-fiction qui prend des détours très étranges de parabole politique sur l'exclusion et la déshumanisation sociale.
Mais le mieux est d'écouter le réalisateur s'exprimer lui-même sur son film. Il suffit pour cela de cliquer sur le lien ci-dessous :
INTERVIEW VIDEO D'ALFONSO CUARON
Sortie cinéma : 18 octobre 2006
Romain Le Vern
