
Editions précédentes :
Guns and Talks, de Jang Jin
Jade Goddess of Mercy, de Ann Hui
The Neighbor N°13, de Yasuo Inoue
Bungee Jumping of their Own, de Kim Dae-Sung
Electric Shadows, de Xiao Jiang
Otakus in Love, de Matsuo Suzuki
Petit détour par Hong Kong avec Mahjong Dragon, cocktail de kung-fu, d'humour délirant et de mélodrame signé Corey Yuen Kwai et David Lai, avec en vedette la comédienne Josephine Siao et l'artiste martial Chiu Man-Cheuk. L'occasion de revenir sur la collaboration de longue date entre Corey Yuen, David Lai et Jeff Lau.

Policière à Hong Kong, Sau-Tin (Josephine Siao) a du mal à joindre les deux bouts, surtout depuis qu'elle s'est endettée en pariant aux courses sur le mauvais cheval. Afin de rembourser ses dettes, elle décide de passer une annonce pour trouver un homme de Chine continentale disposé à payer pour un mariage blanc. Découragée suite à un casting infructueux malgré l'abondance de candidats en tout genre, elle s'apprête à renoncer lorsqu'un beau jeune homme (Chiu Man-Cheuk) sonne à sa porte pour se présenter avec un peu de retard. Après avoir entretenu le temps de quelques rendez-vous le fol espoir d'une romance, Sau-Tin découvre que Quick-Hands est un ancien gangster réputé pour ses talents d'arnaqueur. Elle y voit immédiatement l'opportunité de se faire de l'argent. Ayant trouvé un arrangement avec sa fiancée, Quick-Hands s'intègre doucement dans l'univers de Sau-Tin et s'attache aux personnes qu'il rencontre. Alors qu'il pense avoir trouvé l'occasion de commencer une nouvelle vie, son passé le rattrape en la personne de Tin-Lone (Ken Lo), un dangereux gangster qui lui demande des comptes...

Avec Mahjong Dragon, Chiu Man-Cheuk retrouve une partie de l'équipe qui l'a découvert et introduit au cinéma avec Fong Sai-Yuk, savoureux film de kung-fu réalisé par Corey Yuen et dans lequel il campait le méchant et affrontait Jet Li. Le casting de Mahjong Dragon réunit à nouveau la star de The Blade et Josephine Siao, déjà présente dans Fong Sai Yuk et avec laquelle l'acteur partage cette fois plus d'une scène de comédie. Le seul regret est qu'il s'agisse du dernier film de cette comédienne hors du commun qu'est Josephine Siao, après une longue et riche carrière s'étalant des années 50 aux années 90. On se souvient qu'elle avait notamment décroché en 1995 le prix de la meilleure actrice au Festival de Berlin pour Summer Snow de Ann Hui. Enfin, outre une amusante caméo de Sandra Ng (Jiang Hu, The Triad Zone), on mentionnera aussi la présence dans un second rôle du regretté Blackie Ko, cascadeur émérite devenu chorégraphe et acteur (on l'a vu entre autres dans My Father is a Hero).

Mahjong Dragon débute comme un polar d'action avec la sortie de prison de Quick Hands. Quelques échanges dialogués, un flash-back efficace et une scène d'action acrobatique suffisent à mettre en place les enjeux qui vont poursuivre le jeune homme. On pense alors avoir affaire à un classique film de triades saupoudré de kung-fu. Changement radical de ton lorsque le film nous emmène dans le quotidien pittoresque de Sau-Tin, policière énergique approchant la cinquantaine. Sau-Tin mène une vie désordonnée, partageant son temps entre son métier, les paris aux courses et les démêlés avec son voisinage, notamment Blackie (Blackie Ko) qui en pince pour elle depuis des années. On devine que le choc des univers de Quick-Hands et de Sau-Tin ne sera pas sans conséquence. Viennent ensuite se greffer une histoire sentimentale entre Quick Hands et Kwan (Desiree Law), petite soeur de Blackie (Blackie Ko), ainsi qu'une touche de mélodrame puisque la jeune fille est atteinte d'une maladie grave, et pourquoi pas un zest de gore lorsqu'un ancien complice de Quick Hands pète les plombs avec un sabre. Entre douce mélodie au piano et craquements d'os, Mahjong Dragon confronte les genres avec le plus grand naturel.
































