

Excessif: Qu'est-ce qui vous a poussé après Perfect Blue à adapter une seconde fois un roman ?
Satoshi Kon: A l'origine, Perfect Blue était un film de commande. On m'avait demandé de réaliser ce film alors que pour Paprika, c'est moi qui ai pris l'initiative d'adapter le roman. J'ai toujours été très fan du travail de Yasutaka Tsutsui. Je crois que Paprika a été publié il y a plus de dix ans. Je me souviens qu'à l'époque, je l'avais trouvé extraordinaire et pensais qu'il y avait le potentiel pour réaliser quelque chose d'incroyable. Pendant dix ans, je n'ai fait que trouver les moyens pour l'adapter au cinéma mais ça n'a pas été évident. Jusqu'au jour où on s'est rencontrés pour un débat sur une revue et il m'a lui-même proposé de réaliser cette adaptation. Très étrangement, lorsque je l'ai rencontré, j'ai senti que j'avais une sorte de destin un peu mystérieux avec lui. Je ne saurais pas vous l'expliquer en d'autres termes.
Est-ce que vos rêves, ou plus précisément vos cauchemars, ont été une source d'inspiration pour le film ?
Ce qui me fascine dans le rêve, c'est l'idée que cela puisse provenir de notre inconscient. Je pense qu'il y a beaucoup de possibilités d'interpréter le rêve mais il existe une grande part de mystère. Quand on explique un rêve, il faut connaître le contexte personnel du sujet. Par exemple, comment il a vécu son enfance, son adolescence, se renseigner sur la façon dont il gère ses relations humaines. Il faut comprendre tous ces éléments pour enregistrer le rêve et le décoder. Au cinéma, on ne peut pas faire ça parce que la démarche réclame que l'on introduise trop d'éléments. Pour que les spectateurs s'identifient à ce rêve, j'ai choisi une parade qui fait penser automatiquement à d'autres rêves communs et inconscients. On y voit des personnages très anciens comme des objets que les hommes d'aujourd'hui jettent ou alors des symboles religieux que les gens ont oubliés. Je pense même qu'aujourd'hui, on oublie l'importance du rêve.

Comment expliquez-vous que vos films d'animation soient si influencés par des références cinématographiques?
J'ai toujours été inspiré par le cinéma de prises de vue réelles. Mais ce n'est pas par amour du cinéma. En fait, c'est davantage parce que je ne veux pas prendre des films d'animation existants comme références. Si on fait un film d'animation à partir d'un autre film d'animation, je ne vois pas l'intérêt de reproduire la même chose. Je pense que lorsqu'on change de forme, de nouvelles idées naissent. Par exemple, lorsqu'on adapte une pièce de théâtre au cinéma, l'intérêt vient du changement de forme. Ce qui permet donc d'apporter de nouvelles idées.
D'où vient la forme de la DC Mini? Est-ce une référence à eXistenZ, de David Cronenberg ou un pur objet de votre invention?
Je n'ai pas vu le film de Cronenberg mais beaucoup de spectateurs m'en parlent. La forme de DC Mini vient d'une plante qui s'appelle au Japon "la plante qui dort" et qui lorsqu'on la touche donne l'impression de baisser la tête.
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CINE : PAPRIKADans le cinéma d’animation au Japon, Satoshi Kon est une sacrée exception qui se... | ||







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