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INTERVIEW DES CREATEURS DE SKYLAND

INTERVIEW DES CREATEURS DE SKYLAND

Tout sur SKYLAND - Le 2006-11-09 03:01:43


    Le premier coffret de la série d'animation Skyland sortait le mois dernier dans les bacs DVD. L'événement était d'autant plus attendu que les personnalités à l'origine de cette oeuvre hors norme s'étaient déjà illustrées en ce début d'année avec le très remarqué Renaissance.
Le réalisateur et créateur de la série Emmanuel Gorinstein, les scénaristes et co-créateurs Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte ainsi que le character designer Bertrand Gatignol ont accepté de dévoiler les secrets de fabrication de Skyland, dans une ambiance animée et détendue.

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DVDRAMA : Quelle est l'origine de Skyland ? Est-ce que la série part d'un concept précis ou de cette vision de Paris que vous évoquiez dans les suppléments du coffret ?
Emmanuel Gorinstein : La vision de Paris était intégrée dès le départ dans une idée très générale qui concernait toutes les terres : celle de la déstructuration de la Terre, et non sa destruction - il y a une nuance. Il me paraissait très intéressant d'imaginer que la Terre se sépare d'elle-même parce que les humains se séparent d'eux-mêmes. Il ne pouvait donc pas s'agir d'une explosion ou d'un cataclysme dans le sens "fin du monde", mais plutôt d'une déstructuration rapide sur l'échelle de l'histoire mais relativement lente en tant que phénomène. Lorsque j'ai commencé à travailler les premières esquisses, c'est Paris qui m'a en premier lieu inspiré. Cette ville est une source d'inspiration pour les artistes depuis très longtemps. J'ai commencé par dessiner un lieu très urbain auquel j'ai soustrait les rues, ce qui séparait les gens. Tout naturellement, j'imaginais des passerelles, des ponts qui devaient être rajoutés pour essayer de reconstituer des liens entre ces êtres humains qui, malgré tout, essayaient de garder des connexions. Le résultat a été cette architecture de fourmilière dans un Paris qui n'a plus de base et la réflexion a consisté ensuite à déterminer en quoi ce nouveau contexte terrien modifiait les décors.

Les blocs de Skyland sont très différents les uns des autres, ils vont de la grande ville au petit village campagnard.
Emmanuel Gorinstein : A partir de Paris, le concept s'est étendu à d'autres décors non urbains, au désert ou à la campagne : à chaque fois qu'il y a un lieu de vie humaine, un petit village, il est isolé sur son petit bloc. La recherche d'illustrations a permis de créer des petits îlots de vie très fortement poétiques, avec une petite ferme, avec cette petite éolienne qui revient toujours et les vaches qui continuent à manger leur herbe. En se penchant sur la moindre illustration de Skyland, on constate que la vie continue alors que le contexte n'est pas du tout le même que celui que nous connaissons. Et l'on se demande immanquablement comment les êtres humains font pour communiquer d'une île à l'autre. En enlevant tous les concepts de territoire, de frontière, on ne garde qu'une maille de réseau entre les êtres humains et leurs rapports se trouvent par là-même magnifiés. Tout cela crée une sorte de matrice, de décor, sur lequel on a tissé avec Matt et Alex une histoire qui devait tenir compte de ces nouvelles fondations. Pour un illustrateur, le concept est infini puisqu'il consiste à décliner ce "look Skyland" où tout le monde est logé à la même enseigne.

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A partir de ce concept précis, quelles ont été les différentes étapes pour parvenir à l'élaboration d'une série d'animation ?
Alexandre de la Patellière : Mathieu (ndlr : Delaporte) et moi avions découvert le travail d'Emmanuel au moment de Renaissance, alors que nous n'étions pas sur Paris. Le producteur Aton Soumache nous avait montré ses illustrations de New York - il vivait là-bas, à l'époque - et nous les avons trouvées très belles et intéressantes. On s'est rencontré plus tard au sujet de l'univers éclaté de Skyland : il y avait Paris, mais aussi ces idées de villes-gruyères, de morceaux de terre en déliquescence. En tant que scénaristes, on a commencé à réfléchir sur l'ingénierie de ce monde : comment vit-on, qui vit, quelles sont les richesses, est-ce que c'est l'eau... Les protagonistes principaux sont nés ensuite autour de tout ça.
Emmanuel Gorinstein : à l'époque, excuse-moi de t'interrompre, le concept que j'avais en tête était un énorme amalgame d'idées et d'influences. Même s'il tendait vers une dimension trop messianique, on y trouvait déjà les moines lumière, ainsi qu'une vision de l'évolution de l'humanité au lendemain du cataclysme. Je ne sais plus si j'avais imaginé la dictature de l'eau, je crois que cette idée vient de l'un de vous, mais l'humanité telle que je l'envisageais était bel et bien régie par une forme de dictature. Constatant cela, un cercle de scientifiques ou d'hommes d'action s'était réuni pour essayer de relancer l'Histoire, réalisant que l'humanité était revenue au degré zéro, qu'elle ne fonctionnait plus. Cela rejoint ce dont je parle dans les bonus, cette peur d'une déliquescence du monde actuel, de ce qui forge les liens dans une société. On entre là dans un terrain un peu plus politique, hors du contexte de la série, dans un sentiment qui est fort en France en ce moment.
Alexandre de la Patellière : On s'est donc servis de la grande paranoïa d'Emmanuel... (rires)

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Liens vers les tests DVD
SKYLAND - SAISON 1
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Pouêt Ah, ils sont bons, les critiques !    10 nov
Traxx Et RTT ?    09 nov
lagauffre Désolé les gars mais +1!    09 nov
subaru64 Effectivement...    09 nov
ggg ^^    09 nov
 


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