
Vous pourrez également discuter avec Albert Dupontel sur DVDrama, via le forum lors d'un dialogue en direct. Rendez-vous ce Mardi 14 Novembre à 16h sur le site !
En attendant, vous en saurez plus sur la vision du cinéma du grand Albert Dupontel, son expérience sur Enfermés Dehors et son DVD, en suivant l'interview fleuve ci-dessous :

Cela faisait combien de temps que vous travailliez sur le projet ?
Quatre ans. J'ai commencé à écrire en 2001 et la première version du script était finie en 2002. Je voulais à l'origine faire le film aux Etats-Unis avec des producteurs indépendants. Ca ne s'est pas très bien passé, donc je suis revenu précipitamment en France pour réécrire à nouveau le script et le faire produire par StudioCanal. Malheureusement tout Canal + était en plein chamboulement, les équipes ont changé, et le film ne s'est pas fait. J'avais à nouveau perdu un temps monstre. Dans l'ensemble c'est beaucoup de ma faute, j'étais allé chercher des aventures improbables.
Mais qu'est-ce qui s'est passé avec les américains ?
C'est compliqué de bosser avec eux ! J'ai d'ailleurs croisé Jeunet dernièrement, qui revenait de Los Angeles où il avait essayé de monter le budget d'un film. Et il ne s'en était pas sorti. Là bas, on est comme des albanais, on ne représente pas grand chose. Pour Enfermés Dehors, je le répète : tout est de ma faute. J'ai cherché les emmerdements, je les ai eu, et je suis rentré en France bien calmé. Les producteurs voulaient un produit formaté, ce qui ne correspond pas à ma vision du film. Mais tout est bien qui fini bien : j'ai pu faire le film comme je le voulais, en France, avec une équipe que je connais bien.
Et Richard Grandpierre est à nouveau producteur...
Il travaillait déjà à Canal + au moment où j'ai tourné Bernie, il a été co-producteur sur Le Créateur, et maintenant qu'il est indépendant il a replongé sur mon dernier film. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup et qui aime aussi ce que je traficote. Donc notre collaboration se passe très bien.

En écoutant le commentaire audio on se rend compte à quel point la débrouillardise a joué sur le tournage. Bon nombre de plans du film ont été volés par exemple !
Oui, mais comme vous dites, il faut écouter le commentaire audio pour le savoir ! Ca ne se voit pas à l'image. Ma fierté, au-delà du film en lui-même, c'est de montrer ce que je suis capable de faire avec le cachet de Depardieu. Le film a coûté 3.5 Millions d'euros. Ce qui fait qu'avec 600.000 entrées au box-office, on ne peut être que satisfait. Bernie n'a coûté que 1.5 million ou 2 et avait fait plus d'entrées encore. Donc à chaque fois c'est une performance.
Mais je n'aime pas tellement le terme "débrouillardise", ça fait amateur : le résultat final est dû au savoir-faire de toute une équipe, à pas mal d'imagination de plans et de machinerie, et à beaucoup d'enthousiasme. Tous mes films ont été faits comme ça. J'en suis fier. C'est un peu crétin à dire comme ça, mais c'est vrai ! Le film, est très bruyant, très remuant, très spectaculaire, mais le budget ne l'est pas. Le but a été atteint.
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