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INTERVIEW LAURENT HERBIET (MON COLONEL)

    Grâce à l'appui de Michèle et Costa Gavras et des frères Dardenne, Laurent Herbiet a pu raconter avec Mon Colonel, l'horreur de la guerre d'Algérie, toujours tabou dans l'Hexagone, mais aussi l'histoire de son père et de plein de jeunes militaires français, perdus dans un contexte délétère, tiraillés entre les choix du gouvernement et leurs exactions honteuses. L'audace du film, sans défense et noyé dans la masse média des autres grandes sorties de la semaine, évoque avec une subtile discrétion les thrillers politiques de Yves Boisset et de Costa Gavras des années 70 avec suffisamment d'intensité pour révolter.

mon colonel


Comment est né le film ?
A l'origine, c'est un livre de Francis Zamponi dont j'ai acquis les droits et dont j'ai tiré un premier scénario avec lequel j'ai été démarché auprès des boîtes de production. Par un heureux hasard, Michèle et Costa Gavras s'intéressaient déjà au bouquin. Lorsqu'ils ont su que les droits étaient pris, nous nous sommes rencontrés et avons décidé de faire le film ensemble. Costa, par la suite, a adapté à son tour le roman pour livrer une deuxième mouture du scénario. Celle que nous avons gardée.

Est-ce qu'il y avait déjà les alternances entre les deux époques ?
Dans le roman, c'est différent car très factuel : il s'agit d'une alternance entre des rapports de police et des pages du journal intime du lieutenant Rossi. En fait, la grande idée de Costa a été d'inventer la partie de l'état major avec le personnage de Cécile de France qui n'existe pas dans le roman et qui a permis d'apporter une résonance à travers les années entre deux armées, deux lieutenants, deux façons de penser, afin de montrer que l'armée et la police n'ont qu'un souci : tirer une affaire au clair pour s'assurer que personne ne va essayer de nuire au gouvernement et à l'armée.

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Quelle est la part de vérité ?
Tous les personnages de la partie Algérienne sont inspirés de gens ayant réellement existé. Les événements que l'on décrit dans la partie historique du film ont eu lieu. Maintenant, et c'est là que réside la force du roman, c'est qu'il y a des raccourcis brillants et une sorte de patchwork de la problématique de la guerre d'Algérie, les décisions qui avaient été prises, la torture institutionnalisée par l'état Français et les exactions de l'armée.

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CINE : MON COLONELCINE : MON COLONEL

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