
FESTIVAL DE SARLAT : COMPTE-RENDU

Le grand prix du festival de Sarlat a été décerné à Madame Irma, de Didier Bourdon et Yves Fajnberg, hilarante comédie populaire au sens noble qui rassemble deux anciens Inconnus (Bourdon et Légitimus) et repose sur les ficelles classiques de la comédie sur fond de travestissement avec une multitude de gags très drôles. Le Jury jeune Ciné Cinéma a récompensé l'excellent Red Road, de Andrea Arnold, présenté cette année au festival de Cannes où il a eu le prix du jury. Le résultat, intense et cruel, invite à une cérémonie secrète et exclusive où on est bouleversé par un personnage brisé par des vicissitudes déchirantes. Oubliée par la vie, Jackie reprend naissance devant une caméra qui la love de toute l'affection manquée. De la froideur des premières images anonymes, on finit par cerner le pourquoi de ce renoncement à la vie. Comme toujours dans ce genre de films, il faut un acteur hors pair qui sache remiser au placard la performance ostentatoire. La révélation ici, c'est Kate Dickie, indiscutable. Le trouble de son personnage devient le nôtre, sa déchirure secrète aussi : Red Road appartient aux films d'une douleur lancinante qui bouleversent discrètement, sans crier gare. Il vous empoigne avec une féroce détermination pour ne plus vous laisser tranquille. On en reparle avec plus de passion dans les jours à venir.

Le prix « coup de coeur » Médiavision a été donné à Cashback de Sean Ellis, un film post-adolescent idéal : un peu immature, souvent drôle, parfois teinté d'un vrai spleen. C'est même ce dernier élément qu'on retient le plus facilement étant donné qu'on pense après coup au film comme à quelqu'un dont on aurait sous-estimé la mélancolie. Le jury Aquitaine du Conseil régional a quant à lui distingué le magnifique Mon colonel, de Laurent Herbiet : grâce à l'appui de Michèle et Costa Gavras et des frères Dardenne, Herbiet a pu raconter avec ce film, l'horreur de la guerre d'Algérie, toujours tabou dans l'Hexagone, mais aussi l'histoire de son père et de plein de jeunes militaires français, perdus dans un contexte délétère, tiraillés entre les choix du gouvernement et leurs exactions honteuses. L'audace du film, sans défense et noyé dans la masse média des autres grandes sorties de la semaine, évoque avec une subtile discrétion les thrillers politiques de Yves Boisset et de Costa Gavras des années 70 avec suffisamment d'intensité pour révolter. Quant au doux-amer Mauvaise foi de Roschdy Zem, le film a remporté le Prix du scénario François Chalais et celui du Conseil de Général de Dordogne. On est juste un peu déçu par La faute à Fidel, de Julie Gavras (fille de), qui ne remporte que le prix de l'office du tourisme. A l'année prochaine, Sarlat !
FO
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CINE : CASHBACKBen Willis (Sean Biggerstaff) est un étudiant aux Beaux-Arts spécialisé dans les... | INTERVIEW LAURENT HERBIET (MON COLONEL)Grâce à l'appui de Michèle et Costa Gavras et des frères Dardenne, Laurent Herbi... | |







CINE : CASHBACK
INTERVIEW LAURENT HERBIET (MON COLONEL)



























