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DOSSIER : LE PHENOMENE KING AND THE CLOWN

DOSSIER : LE PHENOMENE KING AND THE CLOWN

Tout sur KING AND THE CLOWN - Le 2006-11-17 10:21:03


Entouré d'un parfum de scandale, le film évènement de Lee Jun-Ik, The King and the Clown, peut s'enorgueillir d'avoir fasciné plus de 12 millions de spectateurs coréens au cours des mois qui suivirent son arrivée dans les salles obscures locales le 29 décembre dernier. Couronné d'une cascade de récompenses dont sept Grand Bell Awards, The King and the Clown continue sa route inattendue et sa renommée dépasse à présent les frontières du continent asiatique. A tel point que le Korean Film Council a décidé que le long métrage de Lee Jun-Ik représenterait la Corée du Sud dans la candidature à l'Oscar, catégorie meilleur film étranger, une place que convoitaient Kim Ki-Duk (Time) et Bong Joon-Ho (The Host). En attendant le 23 janvier 2007, le phénomène mérite déjà largement que l'on se penche plus longuement sur ce film atypique dans le riche paysage cinématographique du Pays du Matin Calme.

the king and the clown lee Jun-Ik

Synopsis du film : L'histoire de The King and the Clown - ou The King's Man, titre alternatif selon la traduction littérale - se déroule sous la dynastie Chosun (1392 - 1910) en Corée. Jangsaeng (Gam Woo-Sung) et Kong-il (Lee Joon-Ki), deux clowns itinérants, sont inséparables malgré leurs personnalités opposées. Dans leurs spectacles, les rôles masculins sont assurés par Jangsaeng, un homme désinvolte au caractère bien trempé, tandis que Kongil met sa beauté androgyne et rayonnante au service des personnages féminins. Lorsqu'ils arrivent à Séoul, les deux clowns prennent le risque de créer une pièce satirique prenant pour cible le roi Yonsan (Jung Jin-Young) et sa favorite Chang Nok-Su (Kang Sung-Yun). Ils sont repérés par l'un des conseillers du roi et se retrouvent condamnés à mort sans l'ombre d'un procès. A moins qu'ils ne parviennent à faire rire le souverain et sa concubine...

the king and the clown lee Jun-Ik

L'AUDACE DU PROJET

Mettons immédiatement un terme à la réputation de « blockbuster formaté » que certaines mauvaises langues tentent aujourd'hui d'associer à The King and the Clown, par ignorance ou dans un esprit de réécriture de l'histoire : le film de Lee Jun-Ik a certes engrangé des recettes phénoménales, mais rien ne le prédestinait à rencontrer un tel succès. Pire, le projet The King and the Clown traînait avec lui de bien lourds handicaps.
Lorsqu'il découvre la pièce Yi, gros succès théâtral de la fin des années 90 signé Kim Tae-Woong, Lee Jun-Ik envisage tout d'abord d'en tirer un sageuk, appellation désignant les dramas en costumes. C'est finalement un long métrage qui voit le jour en 2005, dernière tentative de redresser la barre pour la maison de production Cineworld, société fondée par Lee Jun-Ik et sur le point de rendre l'âme pour cause de surendettement. Mais le projet est peu vendeur. En effet, si l'on dresse un rapide bilan des cartons coréens de ces dernières années, on remarque au premier coup d'oeil que la plupart d'entre eux se déroulent à l'époque moderne, misent sur de l'action spectaculaire, évoquent de près ou de loin le conflit nord-sud et véhiculent bien souvent des valeurs viriles. A des degrés différents, Frères de Sang, Silmido et Shiri en sont des exemples très parlants. C'est aussi le cas de JSA (Joint Security Area) qui évoque explicitement le conflit, même si Park Chan-Wook ne semble pas chercher à toucher la fibre patriotique des Coréens. Rien de tout cela dans The King and the Clown, dont l'histoire repose en grande partie sur un quatuor amoureux qui met justement à l'épreuve les valeurs dites viriles en levant le tabou de l'homosexualité. Peu porteuse auprès d'un public encore très conservateur sur les moeurs, l'atmosphère sulfureuse à caractère homosexuel aurait pu achever de condamner le projet, à moins qu'elle ne suscite la curiosité.

the king and the clown lee Jun-Ik

Féminine ou masculine, l'homosexualité reste un sujet rarement évoqué dans le cinéma local. Ces dernières années ont vu émerger quelques films abordant la question de manière plus ou moins détournée : si le film indépendant Road Movie (Kim In-Sik) adoptait une démarche directe et encaissait ainsi un bide commercial, le drame Bungee Jumping of their Own (Kim Dae-Sung) prenait pour prétexte une histoire hétérosexuelle pour conter le coming out d'un professeur de lycée et rencontrait à l'inverse un immense succès. De son côté, Kim Jee-Woon utilisait le vampirisme pour évoquer l'homosexualité d'une jeune fille dans l'hilarant court métrage Coming Out (dont on ne risque pas d'oublier le climax), tandis que Memento Mori (Kim Tae-Yong et Min Gyu-Dong) relatait une histoire d'amour entre adolescentes sous de allures de film de fantômes... Nous ne prendrons pas en compte les oeuvres telles que La 6e Victime (Jang Yun-Hyun) et Scarlett Letter (Hyuk Byun) qui instrumentalisent le lesbianisme non pour en causer mais dans l'unique but de faire fantasmer le public masculin - ce qui n'empêche pas ces films d'avoir d'indéniables qualités.
Dans ce contexte, un projet construit autour d'un quatuor amoureux presque exclusivement composé d'hommes, l'unique femme se trouvant en fait vite exclue, avait de quoi rebuter les investisseurs, et cela en dépit de l'accueil chaleureux reçu par la pièce de Kim Tae-Woong. Un succès théâtral ne donne pas nécessairement lieu à un succès cinématographique, compte tenu du profil du public fréquentant les salles de théâtre, souvent plus ouvert aux idées avant-gardistes.

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ppfunk ce film semble fascinant !    03 avr
 


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