
KINGDOM OF HEAVEN : LA DIRECTOR'S CUT
Tout sur KINGDOM OF HEAVEN - La Critique - Le 2006-12-01 05:22:42
Une partie des rajouts se caractérise au niveau de nombreux plans gores, dont des giclées de sang, des égorgements et surtout des décapitations lors des batailles. En parallèle, beaucoup de répliques ont été rajoutées afin de clarifier un peu plus les origines du conflit et surtout d'aborder l'épineux problème de l'extrémisme dans les guerres de religions. Enfin, le film prend clairement parti sur cet aspect là, ce qu'il ne faisait qu'à moitié dans la version courte. Du simple film d'action historique, le film devient une oeuvre de dénonciation (timide, gros studio oblige, mais réelle) qui donne plus de corps au propos.
Hormis ces rajouts salutaires, de réels changements ont été effectués pour donner plus de présence au personnage de Balian. En effet, la partie en France a été considérablement rallongée afin d'en apprendre beaucoup plus sur le deuil qui accable le jeune forgeron. Ainsi, des informations seront données sur l'entourage de Balian : sa femme, son fils mort né, son lien avec Godefroy mais surtout cet étrange moine qui périt de la main même de Balian. Ce dernier étant son frère, cette révélation donne plus de poids au geste d'Orlando bloom et à sa future quête.

Mais l'énorme ajout de cette édition est l'apparition d'un tout nouveau personnage qui va permettre de faire surgir une toute nouvelle intrigue. En effet, l'introduction du fils de Sybille va changer la donne en terme de contexte politique. Les conditions d'accès au pouvoir vont permettre d'étoffer considérablement le personnage d'Eva Green en la propulsant comme un pendant féminin du personnage de Balian, qui lui aussi vit une tragédie. Ainsi, leur couple apparaît beaucoup plus équilibré et surtout plus complexe que leur simple union de la version cinéma. L'association de ces deux destins brisés apporte indéniablement un plus à l'histoire.
L'autre ajout important concerne le personnage de David Thewlis qui apparaît en ange gardien pour guider Balian. D'un goût artistique douteux, ce rajout ne figure pas parmi les meilleures idées de cette version. Cela dit, ces visions ont le mérite d'étoffer un peu plus la quête de rédemption de Balian.

Dans cette version, le film de Ridley Scott passe du statut de blockbuster à message politique a celui de film bien plus poussé qui saura poser certaines réflexions aux plus férus d'histoire mais aussi divertir par le biais de séquences de batailles bien efficaces. Pour une fois, une version longue rend vraiment justice au travail du réalisateur qui voit enfin l'opportunité de montrer clairement son produit fini, et pas celui des studios. L'appellation "director's cut" prend donc tout son sens.
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Maxime Trouvé
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