
CINE : MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, LE COMMENCEMENT
Tout sur MASSACRE A LA TRONCONNEUSE : LE COMMENCEMENT - La Critique - Photos - Le 2008-10-03 02:47:03MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, LE COMMENCEMENT
Réalisé par Jonathan Liebesman
Avec Jordana Brewster, Kathy Lamkin, Chris Reid...
Durée : 1h32min
Date de sortie : 07 février 2007

Deux frères font leur dernier voyage avant leur départ pour combattre à la guerre du Viêt-nam. Ils sont accompagnés de leurs petites amies respectives. Agressés, ils sont victimes d'un accident routier et sont ramassés par l'inquiétant sergent local qui les conduit dans une maison isolée où agit un certain Leatherface. Bienvenue en Amérique.
Si le programme scénaristique de ce prequel peut légitimement échauder, il faut pourtant reconnaître à ce dernier volet bon nombre de qualités, d'autant plus surprenantes qu'elles proviennent d'un cinéaste dont on n'attendait a priori pas grand-chose. Ayant visiblement compris les écueils à fuir en regardant attentivement les deux versions de L'exorciste: au commencement (la version de Paul Schrader ne vaut pas mieux que celle de Renny Harlin), les scénaristes David J. Schow (The Crow) et Sheldon Turner (le prochain spin-off Magneto) ont opté pour une approche moins originale que cohérente qui consiste à introduire de manière efficiente le personnage de Leatherface: sa naissance est montrée dès un pré-générique glauquissime qui se déroule dans un abattoir, son lieu de prédilection, et son adolescence marquée par une tendance à l'automutilation est narrée dans un générique très stylisé à base d'images d'archive et des coupures de presse. Sur cette bonne lancée, le script approfondit toutes les nouvelles têtes que l'on découvrait de manière épisodique dans le remake de Marcus Nispel. Consciemment, le prequel et le remake semblent avoir été construit pour fonctionner tel un seul gros bloc d'horreur. L'idéal serait de voir les deux films en dvd l'un à la suite de l'autre pour attester de la fluidité des connexions.

Remplaçant au pied levé Marcus Nispel qui n'avait visiblement pas envie de refaire le même film, Jonathan Liebesman bénéficie d'une place privilégiée vu que le gros du travail et du défi a déjà été fait: convaincre les plus sceptiques qu'il est possible de toucher à l'intouchable Massacre à la tronçonneuse. Ouvertement, le film applique l'hypothèse selon laquelle le chômage généré par la fermeture des abattoirs aurait poussé la famille Hewitt à devenir d'atroces cannibales. Elle est étayée par le parcours de quatre jeunes qui seront les premiers à servir de dîner aux dégénérés de la longue saga. Afin de donner un sentiment d'intégrité, Liebesman revient sur les motivations de Tobe Hooper lorsqu'il a réalisé Massacre à la tronçonneuse en 1974. L'action de Massacre à la tronçonneuse, le commencement se déroule à la fin des années 60, en pleine guerre du Viêt-nam pour justifier la parabole de Hooper sur l'Amérique vocifératrice, représentée par la famille cannibale, qui se nourrit de sa jeunesse au lendemain des guerres. Logiquement, il reprend les personnages - et les acteurs - qui composaient la dark side dans le remake de Marcus Nispel pour essayer d'expliquer leur comportement futur. Le quota charnel est assuré par Jordana Brewster qui compense l'absence de Jessica Biel.

Ce prequel se situe quelque part entre le style vintage de la version d'origine et le modernisme de la relecture en privilégiant l'esthétique gore dès ses premières images et la simplicité des situations sans chercher à jouer au plus malin. Pour être plus en phase avec le spectateur actuel qui en réclame toujours plus pour être impressionné, Liebesman oublie néanmoins les vertus de la suggestion enseignées par Hooper même s'il reprend la scène marquante du repas familial et opte pour l'horreur explicite avec des plans très impressionnants au gré d'une intrigue classique, caractéristique du survival lambda. A ce petit jeu, Liebesman s'en tire avec les honneurs, même si l'ambition du film lui joue quelques tours mineurs.












































