toutes les news CINE : COAST GUARDSSommaireDANS LES SALLES : ERAGON, MON MEILLEUR AMI...
CINE : LE DERNIER DES FOUS

CINE : LE DERNIER DES FOUS

Pour vous donner une idée de ce petit film français, ça commence comme un film franco-français auteurisant; ça étreint subrepticement dans son malaise asphyxiant et ça se termine comme du Mario Bava. Entre tout ce laps de temps suspendu, des personnages rongés par la haine et la médiocrité ont le temps d'évoluer, de souffrir, de se fondre, de se perdre dans un été meurtrier où, non, plus rien ne sera comme avant. Laurent Achard ose, alors osons avec lui : il est coupable d'un beau crime français.

LE DERNIER DES FOUS
Un film de Laurent Achard
Avec Julien Cochelin, Pascal Cervo, Annie Cordy...
Date de sortie : 3 janvier 2007

le dernier des fous


Certainement l'une des premières bonnes surprises de l'année prochaine, d'autant plus surprenante qu'elle est hexagonale (ami des block-busters US pétaradants, ce film n'est pas pour toi), Le dernier des fous, adaptation du roman The Last of the crazy people, de l'écrivain canadien Timothy Findley, a tout du film étonnant qui ne cherche pas à plaire et semble construit comme une bombe à retardement. Sorte de prolongement du court-métrage La peur, petit chasseur, le récit est entièrement narré, ou plus précisément perçu parce qu'il est question de sensibilité et de sensorialité, à la hauteur de son protagoniste enfantin, au visage étrange, à la silhouette svelte, qui va apprendre pendant un été tragique à couper définitivement le cordon ombilical. Son univers - anxiogène, comme tous les bons films sur l'enfance - est fragmenté par différents personnages, représentatifs du monde des adultes: la démission totale du père, l'aigreur de la grand-mère, l'absence inquiétante de la mère dont la folie travaille au corps et à la raison, la tristesse du frère plaie d'amour frustrée et mortelle.

le dernier des fous


Dans ce déchirement de passions plus ou moins souterraines (les personnages ne cachent pas leur haine réciproque qui peut exploser lors d'un repas), le cinéaste ausculte un enfer familial où les non-dits deviennent assassins au sens propre. Pendant tout le film, les sourires seront absents, les mystères bien cachés, les blessures bien ouvertes. Et quand ça ne suffit pas, le réalisateur appuie de nouveau sur les plaies pour qu'elles saignent et se donnent au regard du spectateur, témoin des horreurs et autres crises d'hystérie, souvent hors champ, pour renforcer leur impact violent et justifier le dérèglement intérieur de personnages, prisonniers d'une ferme qu'ils peinent à vendre. Un peu comme les fantômes d'une ghost story sont prisonniers d'une maison. Le ton obséquieux n'est réservé qu'aux acheteurs, la politesse hypocrite qu'aux bourgeois. Les moments de tendresse sont rares, seulement lors de pauses de lecture entre deux frères ou le rapport complice avec une bonne qui, au centre des tourmentes, tente de garder la tête froide.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2]



Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami