
INTERVIEW : CLINT MANSELL (THE FOUNTAIN)
Tout sur THE FOUNTAIN - galerie de photos - Le 2006-12-27 04:13:50
Comment avez-vous rencontré Darren Aronofsky?
Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans. Je vivais à New York. Je l'ai rencontré avec Eric Watson via des amis que nous avions en commun. Nous avons commencé une collaboration ensemble sur Pi. Darren m'avait demandé de composer la musique car à l'époque, pour son premier film, il ne savait pas vers qui se tourner et n'avait pas suffisamment d'argent pour choisir un compositeur. Ainsi de suite, nous sommes devenus des collaborateurs réguliers.
La bande-son de The Fountain est différente de celles de Pi et de Requiem for a dream...
Tout dépend en réalité du projet qu'il me propose et surtout du scénario. Je travaille avec ses scripts et j'essaye de me fier à mes émotions quand je les lis. Pour Requiem for a dream, j'ai procédé de la même façon en lisant tout d'abord le roman d'Hubert Selby Jr. Dans un second temps, après la lecture des scenarii, je vois avec Darren comment la musique colle aux images et surtout aux réactions des personnages. Aujourd'hui, quand on regarde Requiem for a dream, la bande-son colle idéalement aux émotions que les acteurs retranscrivent à travers leurs personnages. A l'origine, je n'avais composé que le thème principal de Requiem for a dream et ensuite par le travail au niveau du montage, nous avons incrusté les autres morceaux. Et ça collait magnifiquement. Darren savait dans quelle direction il allait. C'est typiquement le genre de réaction que je recherche désormais lorsque je travaille sur la bande-son d'un film. Par exemple, je ne suis pas totalement branché par l'électro ou même le hip-hop old school mais ce ne sont pas mes goûts qui importent: il faut que ça corresponde à l'esprit du film. Il peut parfois arriver qu'une bande-son sur laquelle vous avez pourtant beaucoup travaillé ne fonctionne pas avec le film parce que, justement, vous avez mis trop de vos influences personnelles. Il faut saisir l'atmosphère et retranscrire des vacillements.

Aujourd'hui, on entend la bande-son de Requiem for a dream dans n'importe quelle émission télévisée afin d'annoncer lourdement un événement tragique.
Oui, c'est vrai (rires), mais ça reste toujours très flatteur. Lorsque j'ai travaillé sur la réorchestration de la musique de Requiem for a dream pour la bande-annonce des Deux Tours, de Peter Jackson, cela m'a vraiment ouvert les yeux sur ce qu'il était possible de faire avec un même morceau. La réorchestration fonctionne très bien avec les images du film de Peter Jackson même si l'approche est très différente par rapport à Requiem for a dream. Sur la bande-annonce, elle conférait un souffle épique et une vigueur insoupçonnée aux images alors que dans Requiem for a dream, la tonalité était mélancolique, lancinante et cauchemardesque. Ce genre de situation est très stimulant pour moi. Dernièrement, cela s'est répercuté dans mon travail et dans ma vie: je me suis retrouvé face à un nombre de situations inextricables où je devais toujours apprendre par moi-même et essayer des bidouillages.
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