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INTERVIEW : OLIVIER GOURMET (CONGORAMA)

Il est acteur, l'un des plus talentueux de sa génération, moins connu du grand public que certains autres parce que les rôles stéréotypés et formatés ne l'ont jamais intéressé. Il est le maillon belge de Congorama, peut-être le film le plus original de la nouvelle année, et ses prestations récentes dans Le Couperet, Sauf le respect que je vous dois ou Mon Colonel prouvent qu'il possède ce privilège rare de se bonifier avec le temps. « Il », c'est Olivier Gourmet, qui le temps d'une interview laisse poindre une intelligence et un professionnalisme particulièrement aiguisés...

congorama


Comment êtes-vous arrivé sur le film ?
Par certains détours car en écrivant le film, Philippe Falardeau ne pensait pas spécifiquement à moi, même s'il savait qu'il choisirait un comédien belge. On lui avait parlé de moi mais comme il ne m'avait jamais vu dans le registre de l'humour, il ne m'imaginait pas vraiment dans le rôle au départ. Et petit à petit, en discutant, en revoyant Nationale 7 entre autres, qui est plus sur le ton de la comédie, en s'adressant à d'autres réalisateurs belges qui me connaissaient mieux, il m'a finalement envoyé le scénario. J'ai accroché justement pour sa singularité et son humour. Ca m'amusait de rentrer dans cet univers, cette façon de faire du cinéma. Je pense qu'il est toujours très difficile de pouvoir allier à la fois les sentiments et le ressort comique. De plus il m'avait bluffé avec son premier long-métrage La Moitié gauche du frigo qui m'avait fait vraiment beaucoup rire.

Vous n'avez pas eu peur de cette singularité du scénario dont vous parlez ?
Pas du tout. Au contraire, elle était justement porteuse de beaucoup de choses : perspicace, efficace, sensible. Pour y adhérer il y avait des dangers à éviter, comme tomber dans la caricature ou aller dans le gag pour le gag. C'est un travail de vigilance qui s'effectuait au moment du tournage, entre acteurs notamment. Car on avait cette envie de pouvoir toujours s'identifier et comprendre l'intériorité du personnage, même si les situations sont parfois abracadabrantesques.



Avez-vous une attirance particulière pour ces rôles d'anti-héros ?
J'ai une attirance particulière pas seulement pour les anti-héros, mais pour les personnages vrais. Sur les vrais sentiments, les vraies émotions, normales des gens. Pas les choses magnifiées, caricaturées. Je préfère largement les rôles ayant pour traits la simplicité de l'être humain, avec ses vices, ses défauts, ses joies, ses déceptions, sa jalousie, son égocentrisme... Toutes les choses que je peux percevoir, dont on peut parler et amener sur un plateau, voire comme ici traiter de manière humoristique.

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