

Qu'est-ce qui vous a amené vers cette histoire, que recherchiez-vous ?
Je voulais vraiment montrer comment se retrouver face à une oeuvre d'art pouvait devenir aussi important que de rencontrer quelqu'un. Comment ces oeuvres peuvent influencer nos vies en m'arrêtant sur un personnage qui retrouvait son chemin, se reconstruisait au travers de ses rencontres artistiques, grâce à un livre, un opéra, un tableau.
Vous vous sentez tout aussi proche de ces trois formes d'expression ?
Elles sont liées dans le film, néanmoins celle qui agit vraiment sur Sophie, c'est ici l'opéra. Pour moi, c'est réellement l'art total, tous les sens sont concernés. La musique emporte le corps, nous englobe, mais également le chatoiement des couleurs, l'émotion de l'histoire. C'est véritablement ce que je ressens personnellement dans mon rapport à l'art. J'ai toujours eu l'impression que lorsque l'on éprouve une vraie passion pour une oeuvre d'art, on a le sentiment de se rapprocher de l'artiste, de sentir sa présence, ce qui peut parfois aider, permettre d'avancer dans sa vie.
Ce rapport à l'art vous a permis d'évoluer ?
C'est plus intime, c'est un vrai rapport avec la vie, que je ne peux pas concevoir sans un vrai lien avec l'art. En ce sens, je me sens très proche de cette quête de beauté que ressent l'héroïne, cette façon obsessionnelle qu'elle a de revenir admirer un tableau, d'avoir besoin de se référer à certaines oeuvres, de se laisser envahir par elles. Cela fait effectivement partie de mon cheminement. J'ai également laissé percer dans ce récit toute la fascination que j'ai pour les coulisses. Je n'ai jamais pu aller voir un spectacle sans rêver parallèlement que le héros soit amoureux de moi et me regarde dans la salle, sans imaginer que je puisse me promener derrière librement au-delà de la scène.

C'est la raison pour laquelle vous avez choisi de mettre en scène une jeune femme réservée, discrète, se cachant derrière le rideau, vivant justement dans l'ombre de la scène et de ses propres émotions ?
C'était en effet très important qu'elle soit dans l'ombre et que quelqu'un finisse par la regarder et l'illuminer. Ce que je trouve très beau de la part des autres personnages, c'est qu'ils la regardent, l'habilleuse notamment, alors qu'elle pourrait la mépriser, ce qui est souvent le cas dans ces milieux. Pourtant, dans la vie, si l'on sait regarder les autres, on peut deviner la valeur de chacun et c'est fondamental. Ceux qui sont sur scène ne sont pas forcément les plus intéressants.

































