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CRAIG ARMSTRONG : INTERVIEW / TEST DVD

    Craig Armstrong est un artiste complet. Il est connu par tous les fans de musique pour ses collaborations avec des artistes prestigieux comme Massive Attack, Madonna ou U2. Pour les amateurs de score de films, il est considéré comme un compositeur unique de par son style multi-référencé, à la frontière de l'electro, de l'orchestral et de la pop. Aujourd'hui, il sort un DVD d'un film inspiré de son sublime album Piano Works. Présent sur Paris pour la sortie de ce film, à l'occasion de laquelle il a offert à une poignée de privilégiés un show case privé, il nous a accordé un entretien exclusif pour nous parler un peu plus de ce projet, de sa carrière et de son avenir.


Quel était votre but en faisant ce film ?
En fait, c'était un suggestion de David Barnard dont je connaissais le travail pour Bjork et d'autres artistes. J'aimais beaucoup ce qu'il faisait et qui plus est, c'est un grand fan de l'album (Piano Works) et il m'a dit qu'il le trouvait très visuel. Quand je l'ai rencontré, le courant est tout de suite passé mais je n'imaginais pas qu'on collaborerait un jour ensemble, et on a continué à se voir. Je n'avais jamais pensé à ça et quand il m'en a parlé, j'imaginais juste qu'il me filmerait en train de jouer du piano ou qu'il ferait une sorte de documentaire. Je ne pensais pas qu'il voudrait s'approprier à ce point ma musique d'un point de vue visuel. Au final je suis très content de ce qu'il a fait. Je trouve ça très romantique, peut être plus que ce que j'aurais pu imaginer.

Dans ce film on voit beaucoup Paris, pourquoi avoir choisi cette ville ?
Premièrement parce que l'album a été enregistré à Paris et que je voulais absolument jouer sur le Piano Pleyel, qui est un magnifique instrument, le seul grand piano construit depuis 1945, et il se trouve à Paris. En plus j'aime beaucoup cette ville. J'ai appris récemment que mon arrière arrière grand-père était français. C'était un marin français qui est parti s'installer en Ecosse. Donc on peut dire que j'ai un peu de ce pays dans le sang. Et puis il a vraiment filmé de beaux endroits dans Paris, même si je trouve qu'il est vraiment resté « à la surface » de la ville. Il existe pleins d'autres lieus qu'il aurait pu filmer, mais je pense qu'il a préféré se focaliser sur des endroits plus connus. Mais c'était son choix, c'était sa vision, son interprétation.


Il avait donc carte blanche pour faire ce qu'il voulait ?
Oui, je ne voulais pas lui imposer des choses. Si j'ai accepté de travailler avec lui c'est parce que j'aimais son travail. C'est comme travailler avec n'importe quel artiste, chanteur ou musicien : c'est toujours plus intéressant de les laisser faire. Quand on est dans un groupe de Jazz et qu'on a un super trompettiste, on ne lui dit pas : « Ecoute petit, maintenant tu vas jouer comme ça. » C'était pareil avec David. Ma seule volonté concernait la partie où on me voit jouer, je voulais jouer sur le piano Pleyel. Pour toutes les parties filmées en dehors du studio, il a fait vraiment ce qu'il a voulu.

La première fois que vous avez vu le résultat fini, avez-vous été surpris ?
Un peu oui ! Pas par les scènes où je joue du piano, parce que j'étais là pendant le tournage et que j'avais vu ce que ça donnait. Il a vraiment traité ma musique d'une manière très zen. Et puis j'aime beaucoup Paris, c'est un endroit que je trouve vraiment spécial. La ville se situe vraiment à la croisée des chemins, on y trouve un mélange de culture à tous les coins de rues. Je ne connais pas bien la France, à part Paris et un peu le Sud, mais c'est une ville que je trouve sublime. Quand je viens, j'aime beaucoup l'hotel Costes ! (rires) C'est juste à côté du jardin des Tuileries, ça me permet d'aller me balader le matin quand personne n'est levé. J'aime aussi beaucoup l'Ile St Louis. C'est à Paris, sans vraiment être à Paris.


Et comment avez-vous vécu cette expérience ?
Et bien c'était assez étrange pour moi. Vous savez, lorsqu'on est compositeur de film, ou fait partie de l'équipe, on est un peu en retrait. Il y a pleins de gens au-dessus de nous, les réalisateurs, les stars... Donc se retrouver au centre d'un film était une expérience nouvelle pour moi. Je me suis rendu compte en plus que c'était la première fois que quelqu'un me filmait en train de jouer. Je n'avais aucune vidéo de moi derrière un piano avant alors que je joue du piano depuis que j'ai 5 ans quand même ! Donc c'est surtout sympa pour mes enfants, vous voyez ce que je veux dire. Au départ, je n'étais pas convaincu, je disais : « Moi ? dans un film ? Vous êtes sûrs ? » Mais maintenant que c'est fait j'en suis très content.

C'est d'autant plus étrange que normalement, en tant que compositeur, vous avez l'habitude de travailler en bout de chaîne. Ici vous êtes le point de départ.
Oui, mais vous savez, je ne fais pas que de la musique de film, c'est juste une petite partie de mon travail. Je ne fais pas parti de ces compositeurs hollywoodiens qui font jusqu'à 8 films par an. J'ai besoin de faire de la vraie musique aussi ! (rires)

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Liens vers les tests DVD
CRAIG ARMSTRONG - PIANO WORKS THE FILM
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