

Pour 12h08 à l'Est de Bucarest, vous vous inspirez d'une émission vue à la télévision locale il y a quelques années. Quels sont les éléments qui vous avaient tant interpellé à l'époque ?
Le fait que les différents intervenants se focalisent sur cette heure, 12h08, m'avait beaucoup intrigué. Et leur manière de raconter les histoires m'avait plu, ainsi que les différentes interventions téléphoniques. J'ai décidé de tourner ce long-métrage pour raconter le parcours de chacun de ces héros et de ces anti-héros. Après une révolution, tout repart à zéro et ce qui m'a intéressé c'est justement de montrer la continuité de certains destins, qui n'ont finalement pas changé. Après avoir visionné cette émission, j'ai travaillé sur d'autres projets et au bout du compte 12h08 à l'Est de Bucarest s'est presque écrit tout seul, après avoir mûri en moi pendant plusieurs années. Pour mon film, je me suis directement inspiré des protagonistes de cette émission. Il y avait notamment ce professeur, que les gens accusaient d'être un ivrogne.
Vous traitez votre sujet avec humour, en jouant sur l'absurde, le comique de situation...Pourquoi avoir adopté ce ton ?
Je n'avais pas l'intention de faire une comédie ni même une tragi-comédie. Mais en repensant à l'émission et en travaillant sur le caractère de chaque personnage, j'ai décidé tout naturellement d'adopter ce point de vue.

Vous avouez ne pas croire à une vérité historique. Chaque personnage a sa propre vérité, ses propres souvenirs. Quelle est votre vérité ?
Si je devais m'identifier à un personnage du film, ce serait le jeune caméraman. Lorsqu'il évoque ses souvenirs de la révolution, il rapporte que c'était beau et tranquille. La voix de ce personnage à la fin du film est aussi la mienne. J'avais 14 ans lors de l'effondrement du régime communiste et cela a tout changé pour moi. Lorsque j'étais jeune, je pensais que j'allais travailler dans la fabrique de meubles de ma ville natale. C'était un signe de réussite et d'accomplissement personnel que de faire carrière dans cette usine, qui marchait si bien. Finalement j'ai fait des études de management à Bucarest. Et grâce à des amis qui faisaient des études pour devenir cinéastes, j'ai commencé à fréquenter la cinémathèque. Et c'est ce qui m'a vraiment donné envie de devenir réalisateur.
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CINE : 12H08 A L'EST DE BUCARESTLa Caméra d’Or du dernier Festival de Cannes comblera sans nul doute les cherche... | ||







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