
INTERVIEW : ANNE FEINSILBER (REQUIEM FOR BILLY THE KID)
Tout sur REQUIEM POUR BILLY THE KID - Le 2007-01-09 01:06:19
Comment est né le film ?
Tout est parti d'un article en première page dans le New York Times qui parlait de l'enquête. Je me suis dit que c'était incroyable qu'un type comme Billy The Kid qui est mort en 1881 puisse encore aujourd'hui faire une quasi-pleine page dans le New York Times. Et à partir de là, j'avais trop envie d'aller voir sur place. Passée cette curiosité, le film est né d'une envie de faire un western et cela m'a été inspiré de manière très naturelle par les paysages du Nouveau Mexique et les gens qui y vivent aujourd'hui : des cowboys, des shérifs, dans un univers qui a assez peu changé et qui est un référent constant au western. De façon plus abstraite, j'avais envie de voir s'il était possible de raconter une histoire sans la cloîtrer dans une case. Je ne voulais pas que ce soit un western dans le sens fictionnel mais je voulais essayer de sortir de ce que l'on appelle de manière traditionnelle un western. Je ne voulais surtout pas en faire un documentaire historique. J'avais envie de voir s'il était possible de raconter quelque chose d'autre au son comme à l'image. Et de là sont nées les voix-off avec deux personnages qui dialoguent. A l'image, il se passe des choses différentes. C'est vrai que c'était une idée ambitieuse mais je pense que je ne me suis pas rendue compte à quel point elle était ambitieuse quand je l'ai eue. Je crois que ça n'a jamais été fait d'avoir deux personnages que l'on ne va jamais voir qui dialoguent et mènent le film.
Par rapport à l'univers du western qui est codifié et très masculin, qu'est-ce que vous pensez avoir apporté grâce à votre point de vue féminin et quel est votre rapport au genre ?
J'adore les westerns. C'est comme ça depuis que je suis gamine. Le film est amusant parce qu'à l'image, il n'y a que des hommes et derrière la caméra, il y a beaucoup de femmes. Cargo, c'est Jean-Jacques Beineix qui a accepté de me suivre et il fallait être couillu pour oser se lancer comme il l'a fait mais l'équipe qui est derrière est essentiellement féminine. La monteuse, la monteuse-son ou même la compositrice Claire Diterzi qui a fait un boulot incroyable parce que je considère la musique du film comme un personnage à part entière. C'est ce contraste qui crée à mon sens la richesse du documentaire.

A l'heure où l'on dynamite les conventions du western, est-ce que vous pensez qu'un retour au western typiquement rangé dans ses normes comme à la grande époque est envisageable ?
Personnellement, j'en suis convaincue. Le western raconte des histoires très simples. Cela permet de se focaliser sur la petite et la grande histoire. Je trouve que les westerns arrivent à définir des personnages et attaquer des thèmes généraux. C'est une qualité que peu de réalisateurs ont aujourd'hui. Clint Eastwood la possède mais il est devenu oldschool. Un western est très proche du mythe. Le principe même du western consiste à montrer le parcours d'un individu maître de son propre destin. C'est un peu comme lorsque Clint Eastwood est revenu et a fait Impitoyable. Il reste la question de savoir qui va venir après.
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