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CINE : STICK IT

CINE : STICK IT

Visiblement influencé par son passage sur MTV, Jessica Bendinger offre un film aux débordements clipesques lors des séquences de cascades. L'une de ces séquences sert d'ailleurs d'introduction, prenant le risque de se mettre à dos tous les allergiques aux effets de mise en scène tape-à-l'oeil. Et pourtant le film ne se résume pas qu'à ça, il se veut aussi le porteur d'un message sur les grandes valeurs sportives et collectives...

STICK IT
Un film de Jessica Bendinger
Avec Jeff Bridges, Missy Peregrym, Nikki SooHoo
Durée : 2h
Date de sortie : 10 janvier 2007

stick it


Haley, 17 ans, au comportement rebelle et masculin, est intégrée de force dans une école de gymnastique sur une décision du tribunal pour mineur. Autant dire que ces premiers pas sont difficiles dans cet environnement voué à la discipline féminine et dirigée par Burt Vickermann, un entraîneur aux méthodes brutales. Mais peu à peu, elle va s'imposer en démontrant son exceptionnel talent physique, provoquant jalousie chez les unes et admiration chez les autres. Une solide relation d'amitié va se lier avec son entraîneur, dont la carapace va peu à peu se fissurer.

Du côté des acteurs, le résultat est franchement correct. Missy Peregrym (aperçue dans plusieurs séries US dont Smallville) s'impose avec aisance et charisme dans le rôle principal. Elle tient fermement tête à un Jeff Bridges pas vraiment étranger à ce genre de personnage. Déjà dans Lames de fond, il interprétait un professeur aux méthodes extrêmes pour amener ses élèves vers leur plus haut niveau. On peut aussi apprécier les performances de gymnastique, genre finalement peu représenté au cinéma et pourtant très spectaculaire.

stick it


Malheureusement, les prouesses des acteurs et des cascadeurs sont, comme souvent dans les films sportifs, plombées par un scénario baignant dans le conformisme et les bonnes vertus morales. Tous les ingrédients y sont réunis : entraînement pénible, privations, conseils avisés de l'entraîneur, victoire du collectif, réconciliation générale, vexation des « méchants », belles perspectives d'avenir... Bref, uniquement des éléments ne provoquant chez le spectateur qu'un vague sentiment de joie mal acquise qui disparaît aussitôt le générique arrivé. Le tout accompagné d'une musique lourde et excessive, en générale utilisée pour des vidéos de skate amateur.

Dès les premières minutes, on sait exactement où ce film veut en venir. La rédemption par la réussite sportive est même devenue une discipline ultra-maîtrisée par le cinéma américain. Et comme souvent dans ce genre très codifié, l'héroïne rebelle est métamorphosée par son entraînement et devient presque méconnaissable lors de la compétition finale. Cette transformation aussi spectaculaire que la chenille en papillon est malheureusement éventée par un final sans surprise : victoire, liesse et moralité.

Thomas Legal

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