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CINE : SISTERS (SOEURS DE SANG)

CINE : SISTERS (SOEURS DE SANG)

Quand Douglas Buck revisite Brian de Palma, il lorgne vers David Cronenberg et... crée une sacrée polémique. Loin de faire l'unanimité, son remake de Sisters (Soeurs de sang) a très logiquement été la grande controverse du dernier festival de Gérardmer, judicieusement placé sous le signe du miroir (et par conséquent du double). Evénementiel.

SISTERS
Un film de Douglas Buck
Avec Chloe Sevigny, Lou Doillon, Stephen Rea...
Durée : 1h32
Date de sortie : octobre 2007

sisters douglas buck


Une journaliste enquête sur le mystérieux docteur Lacan. Son investigation la mène au coeur de la clinique Zurvan, lieu de traitements psychanalytiques expérimentaux pour enfants. Là, elle rencontre une bien étrange jeune femme, un cobaye humain dont l'innocence fragile cache de dangereux secrets...

Peu importent les bâillements ostentatoires, les ricanements moqueurs, les applaudissements ironiques, voire les insultes bovines, que le film a joliment provoqués lors de sa présentation au dernier festival de Gérardmer - duquel il est d'ailleurs revenu bredouille : il y a quelque chose qui ne va pas dans Sisters, de Douglas Buck, premier long métrage d'un cinéaste brillant révélé par Family Portraits, assemblage de trois courts dérangeants qui scrutaient les névroses intérieures d'Américains tentant désespérément de ressembler à des monsieur et madame tout le monde. Tout d'abord, à défaut d'utiliser l'expression "grand film malade" chère à Truffaut que tout le monde emploie à tort et à travers pour faire branchouille, disons que Sisters est juste une énigme et surtout, formidable cohérence avec son sujet, un objet totalement schizophrène.

sisters douglas buck


Les deux films, celui de Brian de Palma en 1973 et celui de Douglas Buck en 2007, doivent être vus comme les deux membres d'une même famille bâtarde : la soeur selon De Palma était un film rutilant, consistant, visuellement sublime ; celle, enfantée par Douglas Buck, se révèle pathologique à l'excès : elle vomit, éructe, frustre. Deux versions d'un même traumatisme, deux points de vue opposés qui se confrontent, comme dans un tribunal, et les réalisateurs deviennent des avocats. Le juge, c'est le public. Débarrassé de split screen et de plans-séquences qui constituaient les prémisses du style De Palma au profit de l'esthétique de la laideur, s'hasardant dans le Grand Guignol avec des acteurs qui jouent presque séparément dans leur bulle (Chloë Sevigny qui n'est jamais aussi belle lorsqu'elle fait la gueule, les yeux fatigués, le regard dans le vague, est aussi impressionnante et en roue libre que le cas Caubère dans le très Z Truands), le film, schizo jusque dans son interprétation, shooté et neurasthénique au dernier degré, n'appartient qu'à son auteur.

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HellJohn un chef d'oeuvre inremakable    05 fév
Snowman Même avec temps, Crash...    05 fév
Kenshiro Je vois pas l'interet de remaker un film comme celui-ci    05 fév
Rodery Chef d'oeuvre absolu ou nanar?    05 fév
 


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