
INTERVIEW : DAVID LYNCH (INLAND EMPIRE)
Tout sur INLAND EMPIRE - La Critique - Le 2008-01-21 08:15:44
LA CAMERA DV
David Lynch réalise un cauchemar en DV où les images illustrent de manière encore plus forte les thématiques de Mulholland Drive, tourné en pelloche avec un raffinement inouïe et un esthétisme pictural. C'est suite à plusieurs expériences de petits films tournés en caméra numérique que Lynch a décidé de tourner désormais uniquement dans ce format. C'est une première dans le cinéma de Lynch, lui que l'on sait si friand du cinémascope. Ce changement formel suggère que le réalisateur pourrait bien être en train de tourner une page filmique.
LAURA DERN
Laura Dern a été l'un des éléments cruciaux dans l'élaboration d'INLAND EMPIRE. Elle a permis au cinéaste de réaliser le film malade qu'il désirait depuis des lustres. Cette fois, il fait presque trois heures et c'est un régal.
GENESE DU PROJET ET FASCINATION POUR LA POLOGNE
David Lynch a toujours été fasciné par la ville de Lodz. La cité brumeuse fut précisément l'un des sujets de son exposition de photos en 2004. Pour les besoins d'Inland Empire, quelques plans ont été tournés sur les terrains d'anciennes usines transformées en complexe commercialo-culturel moderne. Le cinéaste porte par ailleurs un intérêt pour cette ville en raison de son passé. Les régimes totalitaires s'y sont succédés, du nazisme au communisme. Pendant la seconde guerre mondiale, ce fut le second plus grand ghetto polonais après celui de Varsovie. Un lieu mystérieux où les morts et les vivants semblent se côtoyer.

RELATION AVEC MULHOLLAND DRIVE
Contrairement aux apparences, ce n'est pas de Mullholand Drive dont INLAND EMPIRE est le plus proche même si thématiquement les liens sont étroits mais peut-être de Twin Peaks: Fire walk with me, l'un des films les moins aimés de David Lynch (à tort), jusque dans ses imperfections et sa confrontation de la beauté et de la laideur (les supports formels, le registre de langage soutenu puis trivial). On ne peut pas reprocher à Lynch d'avoir fait un film compréhensible un quart d'heure sur trois heures. Le fait que l'on soit perdu ne sert qu'à provoquer qu'une seule émotion: la peur.
HOLLYWOOD
Dans Mullholand drive, le symbole du rêve américain est représenté par les deux petits vieux si gentils et si inquiétants (sourire aux lèvres et tape sur le genou équivoque arrivés dans leur taxi) qui accompagnent - et délimitent - le parcours de Naomi Watts lors de son séjour Hollywoodien. Au départ bienveillants, ils lui courent après dans son appartement pour la pousser au suicide. Sauf qu'entre temps, les deux personnages ont changé: Naomi Watts n'incarne plus le même. Peu importe: c'est symbolique de deux faces d'Hollywood: la lumineuse et la sombre.
EXPOSITION A PARIS
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