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LE JOUR D'APRES : INLAND EMPIRE - LYNCH INVENTE LE JPG ANIME !

LE JOUR D'APRES : INLAND EMPIRE - LYNCH INVENTE LE JPG ANIME !

Tout sur INLAND EMPIRE - La Critique - Le 2008-01-21 08:15:44


De temps à autre, une idée surgit des brainstormings intensifs des rédactions croisées de Dvdrama et d'Excessif : il s'agit d'un nouveau rendez-vous hebdomadaire qui aura lieu le jeudi et qui permettra à nos lecteurs de réagir à chaud sur les films sortis durant la semaine. Le jour d'après permettra ainsi d'avoir un panorama d'avis divers sur l'actualité cinéma brûlante et sera intégralement rédigé par nos lecteurs excessifs. Pour participer, il suffit d'aller voir un film le jour de sa sortie et d'envoyer un mail à laurent.tity@dvdrama.com ou de poster simplement son avis chiffré sur les forums des critiques cinéma. On attend avec impatience vos écrits à partir de mercredi prochain. Dès la semaine prochaine, une interface sera disponible afin de vous permettre de réagir sur les films de manière encore plus simple...

Mais place au premier Jour d'après dominé aujourd'hui par la sortie d'INLAND EMPIRE qui n'a laissé personne indifférent.

INLAND EMPIRE

Nicofeel

Un trip signé David Lynch

Film "lynchien" par excellence, INLAND EMPIRE est un trip sensoriel, qui, je le reconnais, m'a complètement dérouté.
Avec une image cra-dingue et des situations qui se succèdent sans aucune logique, le film est effectivement (selon moi) beaucoup plus difficile à appréhender que ses oeuvres précédentes.
Mais le bonhomme continue de fasciner, avec des plans magistraux et des sons qui viennent de nulle part. Au bout du compte, la grande question : quelle est la part de réalité ? Quelle est la part de rêve ? Laura Dern est-elle dans le film de Lynch une prostituée ? Une star ?
Comme le dit un des intervenants au début du film : "Stars make dreams et dreams make stars."
En conclusion, s'il ne s'agit pas de mon "Lynch" préféré, il méritera à coup sûr une nouvelle vision.
En tout cas, certainement l'un des OFNI (objet filmique non identifié) de l'année.

9/10

Locktal

Un fascinant film-somme, bilan de toutes les obessessions lynchiennes... INLAND EMPIRE est un trip sensoriel impressionnant, labyrinthe d'émotions, de tourments, filmé dans DV qui renforce le sentiment de malaise qui se dégage du film.
Véritable film-somme, INLAND EMPIRE porte à incandescence toutes les obsessions de Lynch : peur de la maternité, variation sur Vertigo d'Hitchcock, regard désenchanté sur l'envers du décor hollywoodien, transfert de personnalité, multiplicité des mondes, rêves et réalité qui finissent par se confondre,... Porté par l'interprétation sensationnelle de Laura Dern, INLAND EMPIRE semble marquer la fin d'un cycle pour Lynch, bilan de tous ses thèmes et sorte de best of lynchien.
Et comme le dit si bien William H. Macy, "ce sont les rêves qui font les stars et les stars qui font les rêves".
Vraiment impressionnant !!!

10/10

Zarathustra

Lynch au pays de l'adultère (spoilers)

"INLAND EMPIRE" (que j'écris en majuscule parce que Lynch est aussi grandiose qu'un dolmen) promettait beaucoup. Manque de bol, après son passage à Venise, les critiques se calment. Incompréhensible, prétentieux, chiant, répétitif, long... Aïe.

Ce qu'il y a de plus étrange dans toute cette affaire n'est pas le film en lui même (les adeptes du cinéaste seront en terrain connu dès les premières minutes) mais la réputation de l'OFNI (car c'en est un malgré tout). Incompréhensible ? Pour les adeptes, le film paraîtra sinon limpide du moins pas plus ardu qu'un autre à "interpréter" (un film de Lynch ne se "comprend" pas). C'en est d'ailleurs un peu frustrant. David nous ressort le "coup" de "Mullholand drive" pour l'actrice sombrant dans un état second et les entremêlements de personnages en le mâtinant d'une bonne dose de "Lost Highway" pour la construction et de "Twin Peaks" pour la mise en abyme espérant peut être dérouter quelques spectateurs non initiés et cacher la simplicité du thème de base, du truc qui fait tout péter - une constante chez Lynch - (l'adultère). Dès lors, on devient quelque peu hermétique au "mystère" du film, les nombreux trucs bizarres restant à éclaircir n'ayant rien de très bandants. Pire, il paraît ne pas trop savoir à qui s'adresser en facilitant la compréhension de manière flagrante par moments (l'intervention de Grace Zabriskie en Femme Mystère dès le premier quart d'heure qui résume toute l'"histoire" à suivre) pour mieux la rendre impossible à d'autres et s'autocite parfois avec force complaisance (les caméos) et donc prétention. Finalement, la seule radicalité du film réside dans le fait que la boîte bleue s'ouvre dès le premier quart ("Lost Highway" et "Mulholand dr." devenaient space plus tard et moins longtemps).

"Inland Empire" (blasphème) demeure magnifique. Difficile de ne pas évoquer la performance de Laura Dern - facilement cataloguée "actrice nunuch" depuis "Jurassik Park" - hallucinante de crédibilité (si si). Si beaucoup regretteront sans doute le manque de scènes "mémorables" pour un film de 3 heures, il en reste de non négligeables. Les amateurs de cabanes en flammes, de théâtre vide, de nounours au détour d'une ruelle, de rideaux rouges, de lampes vascillantes, d'éclairs, de téléphones rouges, de couloirs et de portes avec numéros dessus en auront donc pour leur argent dans ce qui devient peu à peu un véritable "best of" du maître. Après une première demie-heure / heure (ben ouais on part la notion du temps dans ces machins là) stimulante de bout en bout, le film s'égare en Pologne et son spectateur avec, le barde d'électrochocs par intermittences (allez toutes les 10 minutes) pour le tenir éveillé avant de le récupérer dans les derniers trois quarts d'heure -peut être ce que Lynch a fait de plus beau pour l'instant - avec une agonie sur Hollywood Bvd., la visite d'une salle de cinoche et la traversée d'un couloir. Quant à l'utilisation de la DV, elle renouvelle non seulement des scènes qui auraient pu paraître redondantes (la "Femme Mystère") mais sait en plus s'effacer lorsqu'il le faut (pas sûr que le 35 millimètres aurait donné mieux). En bref, le trip est bien là, inégal certes mais souvent prenant.

"Inland Empire" (blasphème bis mais c'est franchement chiant à écrire en majuscules) souffre de son statut non mérité de film de transition et de son manque de moyens. Venant de l'auteur de "Twin Peaks", on aurait aimé plus d'ambition, plus de mordant (une vague scène de cul, très peu de sang, un fugitif baiser saphique) ; il n'empêche : Lynch confirme avec bonheur son don de créateur d'atmosphère et de scène pas vraiment de ce monde en le poussant encore plus loin. Triste de penser que le meilleur cinéaste encore en activité est en réalité un peintre aux talents multiples.

8/10

Pierre Stone

Lynch en... pire

Après les sublimes Lost Highway et Mullholland Drive, il était impossible de ne pas se ruer dans une salle obscure pour découvrir le dernier David Lynch. Le passage au numérique du réalisateur et la durée de l''"oeuvre" constituant sur le papier des raisons supplémentaires de s'intéresser au projet.



Dès les premières minutes, un doute s'installe... Assis confortablement dans la prestigieuse salle A du MK2 bibliothèque (à moitié vide), je reste perplexe vis-à-vis des premières images du film. C'est TOUT FLOU... cela ressemble étrangement à de la DV mono CCD mal kinescopée. Mais il s'agit là peut-être d'une introduction/mise en abyme qui permettrait au réalisateur d'annoncer son arrivée dans le monde magique du numérique. Les minutes passent et le doute se transforme en certitude...Lynch a tourné intégralement son film avec des moyens indigestes et prend un malin plaisir à enlaidir au maximum son image. Tout y passe ! : une définition impropre à une diffusion sur grand écran, des cadrages ridicules, des mouvements de caméra vidéo portée à la main grotesques... L'ensemble prend rapidement l'allure d'un mauvais délire entre potes et ressemble plus à une formidable arnaque filmique. Car si Lynch a changé de forme pour son nouveau ‘"métrage'", il s'est contenté de pasticher son sublime Mulholland Drive pour le fond. Tout tourne encore autour de l'amour et du cinéma mais avec ici un manque de respect abject pour le spectateur. Même au second degré, le film est simplement irregardable. Chaque plan étant plus foireux et laid que le précédent, Lynch ne nous donne pas l'occasion de s'intéresser à sa narration poussivement non linéaire. Il faut dire que c'est simplement le film le plus laid jamais vu sur un écran de cinéma avec peut-être comme dauphins La Bostella d'Edouard Baer et Exes de Martin Cognito.



Le plus drôle, c'est que le tout peut se lire comme un long making of réalisé dans le film par Jeremy Irons, qui lui semble tourner avec de la bonne vieille pellicule. Une façon trop facile de se dédouaner et qui ne sauve à aucun moment cette bouillie de pixels du naufrage. Si l'avenir du cinéma doit passer par le numérique, il faut espérer qu'il empruntera le chemin déjà tracé par Michael Mann et consort qui n'ont pas fait l'amalgame foireux : numérique = facilité déconcertante à faible coût = foutage de gueule ultime !

Lynch aura tout de même révolutionné une fois de plus le petit monde du cinéma en inventant le JPG animé. Son film ressemble à s'y méprendre à une incommensurable suite de jpg trop compressés enlevant tout piqué, profondeur de champs et chromi. Mais ce nouveau format possède toutefois un avantage par rapport au MPEG1, il évite les gros carrés de compression sur les arrières plans. Peut-être pour la prochaine fois, David ?



Et cela dure 2h40 !!! Espérons que le film obtienne ce qu'il mérite et se vautre en beauté, réanimant du coup David Lynch qui semble s'être perdu en sortant de Mulholland Drive.

1/10

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