
CINE : IL A SUFFI QUE MAMAN S'EN AILLE
IL A SUFFI QUE MAMAN S'EN AILLE
Un film de René Féret
Avec Jean-François Stévenin, Marie Féret, Charlotte Duval
Durée : 1h32
Date de sortie : 14 février 2007
Maître d'oeuvre dans la région du Limousin, Olivier se retrouve seul avec sa fille Léa après le départ de sa femme. Pour ce quinquagénaire autoritaire et renfermé ayant longtemps privilégié son travail à sa vie de famille, la garde de son enfant devient une priorité absolue.

Dès le début, le ton et le climat du film sont posés. Tourné en lumière naturelle, Il a suffi que maman s'en aille a l'allure d'un téléfilm réaliste, privilégiant les scènes d'intérieur sombres et les mornes étendues de la campagne environnante. Une sobriété qui entend refléter la tristesse du quotidien, celle du père surtout qui, blessé par le départ de sa femme Laurence, redoute la solitude et ne songe plus qu'à garder sa fille avec lui. Dans la grande maison où vivent Léa et Olivier, la mère a laissé un vide immense. Une absence ressentie le soir, lorsque père et fille se retrouvent en tête-à-tête, et que René Féret met en relief en éclairant uniquement les deux personnages d'une lumière faible, laissant le reste de la pièce plongé dans l'ombre. Dans l'atmosphère sombre, presque austère, de cette vielle demeure coupée du monde, seules les relations humaines, les échanges en famille, insufflent réconfort et chaleur à ceux qui s'y retrouvent.

Ce besoin de vivre au quotidien avec les siens, et non plus simplement à leurs côtés, s'impose à Olivier avec le sentiment d'avoir négligé l'essentiel pendant des années. Les liens qui unissent ce père souvent absent et surmené à sa fille se renforcent à mesure qu'ils apprennent tous deux à mieux se connaître. La fuite de la mère est certes une trahison sentimentale, mais c'est aussi une épreuve pour Olivier qui n'a jamais pris le temps de s'occuper de Léa, pas plus qu'il ne s'est soucié de sa fille aînée, Marie, issue d'une première union. Il a suffi que maman s'en aille s'apparente ainsi à une leçon de vie : pour cet homme rustre, peu enclin à l'écoute des autres et avare de confidences sur lui-même. Le changement est devenu une nécessité vitale. L'affection et la complicité de Léa s'inscrivent désormais au coeur de son existence.

































