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CINE : JE CROIS QUE JE L'AIME

CINE : JE CROIS QUE JE L'AIME

Le réalisateur protéiformes Pierre Jolivet s'attaque avec Je crois que je l'aime à la comédie romantique, une histoire d'amour entre deux êtres que, a priori, tout oppose. Rien que du classique, oui, sauf que comme c'est bien fait, on prend quand même...

JE CROIS QUE JE L'AIME
Un film de Pierre Jolivet
Avec Sandrine Bonnaire, Vincent Lindon, Liane Foly, François Berléand
Durée : 1h30
Date de sortie : 21 février 2007

je crois que je l


Riche industriel divorcé, Lucas tombe amoureux d'Elsa, l'artiste chargée de créer la fresque du hall de son entreprise. Mais échaudé par sa précédente histoire d'amour, Lucas demande à son détective privé d'enquêter sur Elsa pour éviter toute déception. Une conduite dictée par la prudence qui risquerait bien de se retourner contre lui si la belle venait à l'apprendre.

Je crois que je l'aime, un film plutôt classique, d'accord, qui ne révolutionnera pas le genre, d'accord aussi, mais mine de rien, et contrairement à de nombreuses productions du même type, le sentiment amoureux n'y est pas présenté de manière utopique. Au contraire, on décèle même un certain cynisme, pas étranger à la présence de Berléand, certes, mais pas seulement. Car en fouillant un peu, impossible de passer à côté de l'humour souvent grinçant du frère Jolivet, au détour des pratiques pas très catholiques du détective privé (François Berléand évidemment), ou de la franchise désarmante du personnage interprété par Kad Merad.

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Le film utilise tout du long un humour feutré, omniprésent mais ne cherchant jamais à forcer le rire. On ne rit jamais aux éclats, mais on sourit souvent. Marque d'une grande maîtrise dans l'écriture, où Pierre Jolivet et son compère Simon Michael font encore des merveilles. Les dialogues, ciselés à la virgule près, imposent une efficacité et un rythme qui sied parfaitement à ce jeu du chat et de la souris auquel se livrent les personnages de Vincent Lindon et Sandrine Bonnaire. Si Pierre Jolivet a compris une chose sur la vie, c'est que les relations homme / femme peuvent être à la fois si simples et tellement compliquées. Le réalisateur n'aura de cesse dans son film d'appliquer ce constat lapidaire, qui résume à lui seul une grande partie du mystère de l'existence.

Dans ce manège de l'amour, le couple Lindon / Bonnaire fonctionne plutôt bien, la grâce naturelle de l'une répondant au physique à la fois bourru et élégant de l'autre. Mais le principal intérêt, ou du moins la principale réussite du film réside dans ses seconds rôles. Kad Merad confirme en quelques scènes qu'il est décidément un acteur formidable. Drôle, attachant, séduisant, Kad sait tout faire et sa présence dans un film est à chaque fois bénéfique. Un commentaire qui pourrait être repris à l'identique pour François Berléand, qui excelle tout de même dans ces rôles d'êtres mesquins et méprisables. Berléand n'est jamais aussi bon que lorsqu'il joue les gentils sournois. Autant dire que ce personnage de détective privé chargé d'enquêter sur tout le monde lui va à ravir. Liane Foly quant à elle utilise ses talents d'imitation et son fabuleux accent québécois pour un bout d'essai sur grand écran plus intrigant que franchement révélateur d'un don pour le cinéma.

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Je crois que je l'aime devrait facilement trouver son public, puisqu'il réunit tous les ingrédients nécessaires au genre : une belle histoire d'amour, des acteurs de talent à tous les étages, un humour efficace. Tout pour l'aimer.

Joe C.

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