toutes les news INTERVIEW : MICHAEL MANN (MIAMI VICE)SommaireTEST WII : EXCITE TRUCK
EDMOND, DE STUART GORDON : COUP DE COEUR DIRECTEMENT EN DVD

EDMOND, DE STUART GORDON : COUP DE COEUR DIRECTEMENT EN DVD

Qui a dit que les films qui sortaient directement en dvd étaient synonymes de nanars infréquentables au cinéma ? Si des séries B délicieuses comme May, de Lucky McKee, Saw, de James Wan ou Shaun of the Dead, de Edgar Wright ont miraculeusement échappé de justesse à une sortie directe en dvd pour bénéficier des joies du grand écran, il n'en sera pas de même pour Edmond, le nouveau Stuart Gordon écrit par David Mamet, qui raconte la chute libre d'un homme sans histoires et plonge dans les arcanes d'un New York nocturne et angoissant pour traquer la bête humaine. Coup de coeur.

edmon stuart gordon macy

Soutenu par sept producteurs et une dizaine de producteurs exécutifs, Edmond, de Stuart Gordon, projet casse-gueule sur le papier et réussite inespérée à l'écran, ressemble un peu au vilain petit canard auquel personne n'a jamais cru. Diffusé dans différents festivals depuis quelques années, il n'a visiblement connu qu'un maigre enthousiasme auprès du public et des professionnels. En réalité, il s'agit d'un film très étrange qui souffre de ne pas appartenir à un genre précis et plus précisément de s'octroyer des libertés presque inconfortables. Tous les comédiens (casting impressionnant) étaient tellement enthousiastes à l'idée de faire partie de ce Edmond à la graine de culte qu'ils ont volontairement réduit leur cachet pour se mettre au diapason d'un Stuart Gordon ressuscité. La trame en elle-même est plutôt simple et narre par le menu le suicide social d'un homme (William H. Macy) qui du jour au lendemain perd tous ses repères pour pénétrer en plein enfer le temps d'une nuit hystérique. Pour peu que l'on connaisse bien les précédentes oeuvres du maître (Re-Animator, Fortress et plus récemment l'agréablement kitsch Dagon), il n'y avait a priori pas de quoi soupçonner une capacité à maintenir un argument pareil de manière aussi simple, fluide et acrobatique. Et pourtant...

edmond stuart gordon

L'une des grandes qualités de ce film sang-pour-sang noir réside dans son script très robuste tiré d'une pièce de David Mamet, cinéaste et dramaturge émérite plus connu comme scénariste qui n'aime rien tant que les petits jeux manipulateurs retors avec le spectateur (La prisonnière Espagnole, L'honneur des Winslow) où un postulat de départ est automatiquement bouleversé par des événements incongrus, des individus malintentionnés et des réactions en chaîne qui invitent à remettre en cause tout ce que nous avons vu précédemment. Dans le cas présent, le scénario, généreusement barré et malgré tout étonnamment rigoureux, génère un suspens Scorsesien renvoyant à After Hours par sa capacité à retranscrire au plus juste un cauchemar absurde désarticulé où l'humour devient la politesse du désespoir. Mamet a écrit cette histoire il y a 20 ans au moment où il était déprimé et en plein divorce: ce qui l'a fait souffrir au quotidien a nourri son imagination, il a plaqué ses propres angoisses et sa haine du monde sur une histoire de dégringolade vertigineuse, fantasmée et pessimiste.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6]

 


Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami