
PREVIEW CINE : MARTYRS

Virginie Ledoyen dans SAINT ANGE de Pascal Laugier
L'argument de base rappelle, et c'est un pur hasard, le fait divers incroyable qui a touché la jeune autrichienne Natascha Kampush, séquestrée pendant 8 ans. En effet, le film de Laugier démarre sur un cas similaire.
Le long résumé qui suit ne révèle que les vingt premières minutes de film. Aucun gros spoiler n'est à craindre...
Nous sommes dans les années 70, quelque part en France : une petite fille est retrouvée un soir sur le bord d'une route nationale, hagarde, dans un état physique catastrophique. Elle s'appelle Lucie, elle avait disparu 14 mois plus tôt. La Police découvre très vite l'endroit de sa séquestration : Une chambre froide dans un abattoir désaffecté. Attachée à un siège, dans une obscurité quasi totale, la petite vivait recluse. On ne comprend pas les raisons de son enlèvement, on ne sait pas comment elle a finalement pu échapper à ses ravisseurs. Internée dans un service pédiatrique, Lucie, proche de la catatonie, ne raconte pas ce qu'elle a vécu. Visiblement, ne le comprend t-elle pas elle-même. Pas de trace d'abus sexuel sur son corps, la piste pédophile est écartée, ce qui rend son enlèvement plus mystérieux encore. L'enquête est une impasse.

Croquis préparatoire de MARTYRS par Meinert Hansen - Cliquez pour le voir en grand.
15 ans plus tard. Lucie a grandi. Sortie de l'hôpital où elle a passé de nombreuses années, elle n'a bientôt qu'une idée en tête : retrouver ses bourreaux, comprendre les raisons de son calvaire. Aidée dans sa quête par Anna, une amie inséparable rencontrée à l'hôpital, Lucie croit reconnaître ses tortionnaires, par hasard, dans un article de journal. Trouvant leur adresse, elle se met à les espionner, bientôt certaine de les reconnaître. Anna, elle, en est moins sûre : Lucie, qui n'a plus toute sa tête, a tendance à voir le mal partout. Il faut dire que pendant des années, presque tous les soirs, dans le silence de sa chambre d'hôpital, elle n'avait de cesse de dire à Anna que quelque chose, tapi dans l'ombre, l'attaquait.
"Ce résumé retrace juste les dix premières minutes du film" nous précise Pascal Laugier. "Ca commence comme un fait-divers sordide, puis ça se transforme en argument de "rape and vengeance", puis ça se transforme en film fantastique, à moins que.... Tout ça à travers l'esprit malade d'une fille traumatisée, dont on ne sait pas si elle voit juste ou si elle vit dans un délire paranoïaque lié à son traumatisme. Et puis ça bascule dans autre chose... Et ça bascule encore... C'est ça le principe de Martyrs. On se croit dans un registre de cinéma d' épouvante, et puis l'histoire prend une autre direction. C'est un film de chausse-trappes, de renversements. C'est ce qui a été difficile à écrire, parce qu'il faut tenir son histoire, ne pas tomber dans le twist artificiel. Le sujet réel du film, très surprenant, ne se révèle que dans les dernières minutes. Ceci doublé à une violence radicale, j'allais dire viscérale, ça rend le film effrayant, inconfortable, en tout cas si on réussit notre affaire !"
































