

On dit souvent que le premier film est aussi le plus personnel, Contre-enquête répond-il à ce principe ?
C'est en tout cas un projet personnel dans le sens où j'ai pu construire cette histoire grâce à mes 20 ans passés au sein de la police judiciaire. Mais c'est aussi l'histoire d'un père de famille et je trouve que l'aspect personnel se retrouve également dans cette dimension là, car je le suis moi-même. Comme moi, le personnage qui évolue dans le film est autant père de famille que flic, voire davantage père de famille.
En tant qu'ancien flic, comment avez-vous géré la part de dramaturgie nécessaire au cinéma, qui s'éloigne de la réalité ?
Il faut savoir que Contre-enquête n'est pas mon premier scénario. J'ai co-écrit 36, quai des Orfèvres, mais j'ai surtout écrit presque une dizaine de scénarios d'épisodes de séries TV et c'est là que j'ai appris le boulot. Yves Rénier, pour Commissaire Moulin, m'a appris à construire un scénario, à équilibrer la dramaturgie, l'action, l'émotion, tout cela s'apprend. J'ai effectué cet apprentissage durant ces années où j'étais encore dans la police et que j'écrivais pour me faire un peu d'argent car on peut gagner plus d'argent à raconter la police qu'à la faire. Sans compter les rencontres très intéressantes que cela m'apportait. J'ai donc appris à construire un scénario, à partir d'une histoire de police brute pour la transformer en scénario de cinéma. C'est ce que j'ai essayé de faire, en tout cas pour cette histoire. Tout ce qui passe d'un point de vue policier est ou authentique, ou en tout cas vraisemblable, il n'y a pas d'erreur importante de procédure, de comportement ou de situation. Tout simplement parce que je n'avais pas envie à la sortie film de me faire engueuler par mes anciens potes flics !

On sent cette parfaite connaissance du milieu dans votre film, sans pour autant que cela rentre dans des détails trop techniques. Aviez-vous peur de céder à une forme trop didactique ?
Oui c'est un peu ça. Je pense que le spectateur est maintenant assez intelligent possède des connaissances relativement solides sur ce milieu car au cinéma, dans les séries TV de plus en plus pointues, ou par les journaux, on l'abreuve déjà de tous ces détails. Je pense donc qu'on a de moins en moins besoin d'expliquer, je préfère suggérer, que le spectateur se fasse sa propre idée en lui donnant un minimum d'informations qui lui permettent de bâtir le raisonnement et de comprendre ce qui se passe. Effectivement, j'ai essayé d'éviter tout didactisme.











































