
INTERVIEW : CHARLOTTE GAINSBOURG (GOLDEN DOOR)

Le rêve américain comme réussite sociale. Un postulat de départ tout à fait banal pour un film qui va s'intéresser à la vie d'un jeune fermier italien parti pour le nouveau monde. Un avenir qu'il espère radieux. Lion d'Argent au festival de Venise 2006, Golden Door est une fable sociale qui manque cruellement de profondeur.
Qu'est-ce qui vous a attirée dans l'aventure de Golden Door ?
J'avais été énormément séduite par Respiro. J'ai rencontré Emanuele Crialese, qui était littéralement habité par son projet : il avait une « tchatche » incroyable, mélangeait français et italien avec un enthousiasme communicatif. Le scénario était passionnant, et il était accompagné de documents visuels : des images magiques, des lieux, des visages, le bateau... Une page d'histoire que je ne connaissais pas, le sentiment de toucher à quelque chose de très authentique dans la culture italienne, je n'ai pas eu une seconde de doute. J'avais sur ce projet un point de vue extérieur, comme une étrangère-ce que je suis aussi dans le film. Je ne savais pas vraiment ce qu'Emanuele voulait faire de mon personnage, je ne voyais pas bien sa progression, mais j'avais envie de participer à ce film choral. A l'époque, on ne savait pas encore où le tournage aurait lieu : on parlait d'Odessa, du Maroc, ou de la Turquie. Quand j'ai su que j'irais passer quatre mois à Buenos Aires, séparée de ma famille, cela a été un choc, mais je n'ai jamais remis le film en question.

Comment avez-vous préparé le personnage ?
La première étape a été la fabrication des costumes, qui s'est faite très en amont, à Rome. Emanuele était très ouvert à ce que je proposais. Il me sollicitait : « Ce serait quoi ta couleur de vêtements ? » Je trouvais intéressant qu'elle ait un col haut, très rigide, qui la distingue des autres femmes, et qu'ensuite, dans le bateau, elle soit un peu plus dénudée... Et puis il y a eu le choix de la perruque : le fait qu'elle soit rousse est devenu emblématique, mais on ne l'a pas su tout de suite. Il a été question que Lucy soit presque rasée.
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