
JUSTIN TIMBERLAKE SERAIT-IL BON ACTEUR ? (ALPHA DOG)
Tout sur ALPHA DOG - La Critique - Le 2007-12-16 15:14:56
Soyons francs : Justin Timberlake est le prototype même de l'icône ado qu'on adore détester. Qu'on ne voudrait pas voir ailleurs que dans un clip sur MTV. Qui a priori n'avait pas de quoi atteindre les sphères cinéphiles. Nous voilà un rien floués par les préjugés : qui aurait cru que derrière ce tombeur de minettes d'une vingtaine d'années singeant Michael Jackson dans ses chorégraphies se cacherait une authentique graine de comédien capable de beaucoup ? Surtout pas ses détracteurs officiels qui doivent sans doute croire en nous lisant à une bonne blague. Malheureusement, non : Justin a vraiment du talent, un cerveau opérationnel et surtout un talent pluriel. Pas dans le sens d'une Britney ou d'une Mariah qui se sont lancées avec le brio que l'on sait dans des expériences cinématographiques d'une vacuité abyssale (les respectifs Crossroads et Glitter). Première raison de ce démarquage : Justin n'a visiblement pas envie de se mettre en scène dans des films entièrement voués à son ego mais préfère se fondre dans des personnages complexes, taciturnes, torturés ou faussement rebelles qui ont un minimum d'épaisseur psychologique. Il le prouve dans les films qui vont débarquer dans les salles.
Tout d'abord, aujourd'hui, avec Alpha Dog, de Nick Cassavetes, chronique adolescente qui à défaut de posséder le trait incisif et le regard désabusé d'un Larry Clark vaut essentiellement pour l'abattage de ses interprètes, tous très bien ; et très bientôt, avec le remarquable Black Snake Moan, de Craig Brewer (le réalisateur d'Hustle & Flow), film rutilant construit, rythmé, monté, filmé comme un morceau de blues désespérément mélancolique où dans un élan cathartique tout le monde fredonne le même spleen existentiel. Dans ce dernier, Timberlake incarne le chéri névrosé in the army now d'une nymphomane jouée par une Christina Ricci retrouvée (bien revenue de l'abîme Cursed) et parvient avec une économie de moyens assez sidérante à retranscrire une palette d'émotions variées. Un rôle qui demande non seulement beaucoup d'investissement perso mais surtout un minimum de vécu.

Alors, questions : aurait-il pris des cours dramatiques en compagnie de sa nouvelle chérie Cameron Diaz ? Aurait-il une faculté innée à magnétiser la caméra avec laquelle il joue sans cesse ? Aurait-il compris qu'il fallait passer la seconde et frapper un grand coup pour convaincre les sceptiques ? Sérieusement, vous vous y attendiez ? Nous non plus.
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