
Romain Le Vern 8
HOT FUZZ
Un film d'Edgar Wright
Avec Simon Pegg, Nick Frost, Jim Broadbent.
Date de sortie : 18 juillet 2007

A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur dans son boulot. Pas vraiment en amour. Pour calmer ce Terminator ambulant, le chef de la brigade décide de l'envoyer dans le petit village de Sandford où il ne se passe strictement rien. Seulement voilà, des crimes commencent à avoir lieu dans la petite bourgade. A partir de là, qu'une seule obsession pour notre homme : découvrir l'assassin. L'affreux cauchemar n'est pas terminé.
Bad Boys 2 dans la campagne anglaise, ça vous branche ? Les fans d'actionner vont adorer. Et les autres aussi. Pour ce second épisode, on quitte Romero et ses zombies qui deviennent domestiqués (pour voir un Shaun of the dead-like, il faudra attendre le soft Fido, sortie prochainement) pour les intrigues policières tordues et délicieusement absurdes. Première constatation, et pas des moindres: Hot Fuzz atteint un degré stratosphérique question humour parodique. A l'heure où les parodies ressemblent toutes à des copiés-collés paresseux de films illustres (Date Movie et autres ersatz de Scary Movie), Hot Fuzz, titre à la signification spéciale que l'on vous laissera découvrir, égratigne les codes du film policier et d'action en les mâtinant d'un chouia de fantastique et de gore avec un ton et une fraîcheur jubilatoires. Avec ces gars-là, la concurrence n'existe pas.

Comme dans Shaun of the dead, les personnages ne sont pas des répliques de films préexistants et les situations ne se contentent pas de pomper sans recul pour faire rire le geek. Il y a une vraie rigueur d'écriture qui fait que le montage saccadé, le rythme très alerte et les clins d'oeil ne s'expriment pas au détriment des personnages tous imparfaits, tous attachants, même les irrécupérables. Même lorsqu'il s'agit d'émouvoir en s'attardant sur la relation plus complexe que prévue entre un père et son fils avec le souffle Shakespearien du Retour du Jedi, Wright nous épargne les trémolos mélo et se contente d'une réplique pour résumer une détresse avant de repartir de plus fort dans le registre humoristique. On observait déjà ce goût de la demi-teinte dans Shaun of the dead ; on le retrouve ici, entre deux fusillades ou derrière une voiture lorsque les deux protagonistes sont éclairés par une lumière rougeoyante à la Twin Peaks (référence inattendue mais pourtant présente dans la description d'une communauté en proie aux forces du mal). En substance, Hot Fuzz pose le dilemme de l'ambiguïté morale des bonnes intentions : est-ce qu'il est possible de faire le mal en agissant au nom du bien ?
















































