
Sam Raimi est depuis longtemps un réalisateur que l'on attend avec gourmandise, parce que ces films sont une promesse, un divertissement de qualité, une mise en scène originale et raffinée qui ne se prend jamais au sérieux, qui ne sombre jamais dans le travers démonstratif d'un exercice de style superflu. Il est aussi l'un des tous meilleurs représentants d'un cinéma irrévérencieux, déjanté, pas politiquement correct du tout et bien gore.

Avec la trilogie culte des
Evil dead, il rendait ses lettres de noblesse au cinéma d'horreur dont il revisitait avec humour mais aussi un profond respect, les grands poncifs. On est ici bien loin du cynisme opportuniste de Wes Craven dont le
Scream est une parodie qui toise et méprise ces petits bijoux de mise en scène qui ont finalement fait date (dans la droite lignée de
La Nuit des Morts vivants). Tout en jouant la carte -jouissive- du retour aux grandes références, avec une histoire totalement cliché, Raimi inaugurait avec
Evil Dead, une trilogie en forme d'hommage à un cinéma de genre sans concession qui a marqué les année 70 en lui injectant également une bonne dose de gore et de fantaisie (mais sans moquerie). Cette légèreté et le respect de ses influences et de la lignée dans laquelle il s'inscrit se retrouvent totalement dans les
Spider-man. Profondément respectueux de leur matériau d'origine (la BD de Stan Lee) mais aussi discrètement irrévérencieux puisqu'il se fonde sur un anti héros total.
HOMMAGES RESPECTUEUX ET AUDACIEUX
C'est le cas du premier
Evil Dead en 1982, où une bandes de jeunes inconscients et passablement décérébrés, va passer un moment dans une cabane paumée au fond des bois. Bien sûr ils sont loin de tout et débusquent dans le sous-sol un vieux magnéto où un précédent locataire parle d'un esprit maléfique dans la forêt qu'il a réveillé à cause d'une incantation qu'il ne faut surtout pas prononcer. Bien sûr, les jeunes mâles hâbleurs et abrutis de testostérone vont s'empresser de le faire. On est toujours mortifiés par la sottise confondante des héros de films d'horreur qui malgré tous les signes qui feraient tourner les talons à n'importe quel être normalement constitué, s'entêtent à leur projet de départ. Ce qui d'ailleurs a entraîné la dérive parodique et méprisante que certains cinéastes ont usé jusqu'à la moelle dans les années 90 avant de revenir aux fondamentaux (l'efficacité brute de
28 jours plus tard ou de
The Descent).
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