
INTERVIEW : OLIVIER DORAN (PUR WEEK-END)
Tout sur PUR WEEK-END - La Critique - Le 2008-01-16 01:31:12Comment êtes- vous arrivé sur le projet ?
Je suis arrivé sur le projet parce que j'ai travaillé avec Philippe Lefebvre sur Jules Ferry pour lequel j'avais réalisé 2 épisodes pilote - qui finalement n'ont jamais été diffusés - et sur lesquels il était l'un des personnages principaux. Comme on s'était bien entendu sur le tournage, on a gardé contact. Un ou deux ans après, il m'appelle pour me présenter Alain Attal avec qui il travaillait sur le film de Guillaume Canet et me dit « voilà on a une idée de départ sur la base de jusqu'où iriez vous pour un ami ? » C'est un sujet récurrent, on l'avait déjà dans Le Déménagement. La question qui me taraude c'est la place de l'individu, et ce n'est pas un mal que ça sorte pendant les élections, parce que le film parle de cela. Les grands choix de société aujourd'hui, c'est « qu'est-ce qu'on met en premier ? ». Avant c'était ou le groupe, ou l'individu. Maintenant on sait qu'il faut un juste milieu. Et cette idée de départ très simple et très forte du jusqu'où iriez vous par amitié me permettait de développer ce thème.

Quels sont les éléments qui vous ont plu dans le scénario ?
Par rapport à votre instinct de survie, votre égoïsme, votre individualisme, qu'est-ce que vous êtes prêt à abandonner pour aider quelqu'un d'autre ? Ou plutôt qu'est-ce que vous n'êtes pas prêt à abandonner quand il est question d'aider quelqu'un d'autre.
Pourquoi autant de temps entre votre premier film et Pur Week-end ?
Parce qu'en général le plus dur c'est de faire un deuxième film. Après Le Déménagement, j'ai travaillé pendant un an sur un film en costume, une comédie d'aventure qui se passait sous Louis XIII. Au bout d'un an Luc Besson a décidé non plus de produire mais de réaliser Jeanne d'Arc. Et vu que c'était Gaumont qui produisait aussi bien mon film que celui de Besson, ils ont dû faire un choix, et bizarrement ils ont choisi celui de Besson (sourire)... Puis j'ai travaillé pendant quatre ans sur un autre projet de film qui a failli se monter deux fois et qui s'est cassé la figure deux fois. C'était une époque difficile pour monter des films, nous étions en plein éclatement de la bulle internet. J'ai fait un deuxième enfant, puis j'ai travaillé pour M6 et la série sur laquelle j'ai rencontré Philippe Lefebvre. Voilà pourquoi il s'est écoulé dix ans entre les deux films de cinéma. Mais moi je ne considère pas n'avoir rien fait bien au contraire. Avec le téléfilm qu'on a réalisé, on a gagné le Grand Prix de la fiction alors qu'on avait un budget ridicule. Et puis travailler pour la télévision nécessite d'avoir plus de créativité parce qu'on a moins d'argent. Cette expérience m'a aguerri. On avait une idée de départ et on a bossé pendant trois ans avec Philippe sur l'écriture du scénario. Trois ans parce que lui jouait comme comédien dans de grosses séries sur lesquelles il était très pris, et moi parce que j'étais accaparé par la réalisation pour la télévision. Mais on a tout écrit ensemble.













































