
Arnaud Mangin 6
PARANOÏAK (Disturbia)
U film de D.J. Caruso
Avec Shia Labeouf, Sarah Roemer, Aaron Yoo, Carrie-Anne Moss, et David Morse
Durée : 1h45
Date de sortie : 22 août 2007

Au départ, Paranoïak, c'est très inquiétant. Non pas parce que c'est un thriller, ni même parce que son histoire s'aventure courageusement dans les traces d'un chef d'oeuvre inégalé - signé par un maître qui plus est - mais parce que le réalisateur de Two For The Money entame son nouveau film comme un sous Et au milieu coule une rivière. Le petit Labeouf et son papa joli tentent vainement d'attraper des truites condamnées à devenir meunières, et se disent plein de gentillesses. Un remake de La Petite maison dans la prairie en quelque sorte...Heureusement, la plume sadique des scénaristes fait intervenir un accident de la route spectaculaire - Bay devait traîner dans les parages - qui assomme temporairement le pauvre Shia mais qui transforme son dada daddy en charpie, limite tartare. Les truites sont vengées. Kale (c'est son nom dans le film) ne se laisse pas pousser la mèche rebelle comme Peter Parker, mais c'est tout comme, et finit par envoyer un pain magistral à son professeur d'espagnol qui ose évoquer la mémoire de son padre. Jusque là on reste dans le pathos traditionnel, et on n'en voudra pas totalement au réalisateur puisque l'affaire est très vite expédiée.

C'est ensuite que l'affaire se corse pour Kale, et que ça devient franchement plus intéressant pour nous. Comme ça ne se fait pas d'envoyer son prof d'espagouin au tapis devant tout le monde, l'adolescent se voit condamné à purger une peine à domicile avec un capteur au pied qui rameute les patrouilles locales s'il s'éloigne de sa maison. Un vrai panard de pantouflard puisque à part fureter sur Internet (et donc DVDrama), jouer à la nouvelle X-Box et télécharger des chansons légalement pour son Ipod, il n'y à pratiquement rien d'autre à faire pour rembourser sa dette à la société. Mais Kale s'éclate aussi à espionner le voisinage, comme James Stewart avec son pied dans le plâtre, quoi. Parce qu'il en a marre de mâter sa nouvelle voisine qui dégrafe son soutif les rideaux ouverts, mais en tournant à chaque fois le dos à la fenêtre, il se tourne alors vers son voisin. Un type lugubre dont les allées et venues correspondent systématiquement à l'actualité d'un serial killer insaisissable dont parlent les journaux télévisés. Et si l'égorgeur de rousses habite juste derrière, c'est effectivement la méga plaie !













































