toutes les news 100 FILMS GRINDHOUSE (PART ONE)SommaireLE CHOC PUSHER : DOSSIER + TEST DVD
BLACK SNAKE MOAN : CULTE EN PUISSANCE

BLACK SNAKE MOAN : CULTE EN PUISSANCE

Tout sur BLACK SNAKE MOAN - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00


Encore une missive (en cinq points) pour dire à quel point on adore cette fiction insolente et roborative qui n'en finit plus de prendre de la valeur dans nos cerveaux critiques. Le label Blaxploitation ne constitue que l'écume de Black Snake Moan, pari excitant et vrai-faux film de genre totalement surprenant d'un bout à l'autre. Avec son serpent du désir échappé du jardin d'Eden, son geôlier gourou et son héroïne nympho en plein dénuement zinzin, ce long métrage de Craig Brewer part de formules éprouvées pour expérimenter avec panache et retourner comme des crêpes tous les préjugés. Le film que vous ne devez pas manquer.

black snake moan

1. Black Snake Moan, titre inspiré d'un morceau culte de Blind Lemon Jefferson, poursuit la révolution Black et Plot. En surface, Craig Brewer joue avec les codes de la blaxploitation, genre des années 70 dont l'initiateur reste Melvin Van Peebles avec son réjouissant Sweet Sweetback's Baadasssss Song (1971). C'est la première fois dans l'histoire du cinéma qu'un black tue un flic blanc. Le succès est si retentissant que les majors d'Hollywood découvrent une nouvelle manière de faire un cinéma subversif qui inverse les tendances, les archétypes et les courants. Certaines déclinaisons ont fait des ravages dans les drive-in de l'époque. Parmi les films les plus célèbres, on distinguera Foxy Brown (Pam Grier en starlette de l'époque), Dolemite, The Black Gestapo, The Human Tornado, Wattstax, Superfly, Black Caesar (avec Fred Williamson et une exquise bande-son signée James Brown) en passant par le "rah-lovely" Shaft. Ces films sont motivés par l'envie de donner aux acteurs noirs d'autres rôles que ceux de violeurs ou de dealers, défendus ou traqués par un héros blanc.

black snake moan

2. En pleine révolution des Black Panthers, un nouveau genre se met en place avec suffisamment de violence, de sexe et de «bon mauvais goût» pour attirer les cinéphiles curieux. La blaxploitation génère une nouvelle mode de fictions délirantes où les blacks portent des costards classieux, où les personnages se distinguent par leurs excentricités et où les bandes-sons sont souvent à tomber (le thème de Shaft est aujourd'hui un standard). Historiquement, socialement, politiquement, on peut considéré ça comme un signe fort de rebellion. Souvent, les films de blaxploitation traitent des abandonnés du rêve américain (prostituées, dealers, tueurs) et se situent dans le ghetto (dans la majorité des cas, un Harlem grouillant). Progressivement, le genre s'est étendu de manière exceptionnelle à travers des genres annexes: la pornographie, l'horreur et la comédie musicale. La mode a dépassé le stade purement cinématographique pour envahir la bande dessinée et la musique. Aujourd'hui, on conserve des traces de cette sous-culture: certains stéréotypes groove sont repris par des groupes de rap et Tarantino l'a érigée en modèle. Détail important, les films de Blaxploitation sont réalisés par des Blancs, produits par des Blancs; ces conditions ont poussé certaines associations afro-américaines à les fustiger et à entraîner leur disparition. Malin et doué, Craig Brewer respecte en apparence les conventions de la Blaxploitation: réalisateur blanc, sexualité débordante, bande-son divine, transgression latente, célébration des marginaux, importance de la culture black. Mais assimiler Black Snake Moan à un exercice de pastiche référentiel serait terriblement réducteur. Le film aux accents nostalgiques est suffisamment déviant pour contenir tout plein d'autres trésors cachés comme par exemple jouer sur les poses lascives et la nudité de Christina Ricci.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2]



Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami

Notez ce film

note des internautes :
8.1/10
(31 votes)

Les autres films

 
agenda cinema
 
blogs