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NO COUNTRY FOR OLD MEN - AVIS A CHAUD (CANNES 2007)

NO COUNTRY FOR OLD MEN - AVIS A CHAUD (CANNES 2007)

Tout sur - La Critique - Le 0000-00-00 00:00:00


Depuis toujours, les frères Coen ont une prédilection farouche et drolatique pour les personnages nigauds fâchés avec tout qui fantasment leurs vies à travers des mythes US et font strictement n'importe quoi. Avec No country for old men, adapté d'un roman de Cormac Mac Carthy, ils s'autorisent toutes les audaces et séduisent. Intensément.

NO COUNTRY FOR OLD MEN - AVIS A CHAUD
Un film de Joel Coen, Ethan Coen
Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin
Date de sortie : 08 février 2008

no country for old men

La cavale à travers le Texas, d'un homme ayant découvert une mallette lui ouvrant le chemin vers la richesse et... les ennuis. Le désert a fière allure lorsqu'il est filmé, en Scope, par les frangins Coen. Oubliez la petite baisse de régime du Ladykillers, opus mineur non dépourvu de qualités mais un chouia paresseux : les frères Coen, habitués de la Croisette, reviennent avec du lourd. Du bon. Du sérieux. Ce nouveau délire, peut-être leur meilleur dans la veine burlesque depuis l'inestimable Big Lebowski, privilégie les autocitations aux citations (on pense beaucoup à Barton Fink pour l'atmosphère étrange - ce n'est pas un hasard s'ils ont repris un plan précis du film susmentionné où le protagoniste débarque dans un bureau face à Tom Hanks - et à Fargo pour les codes du polar passés à la moulinette drolatique). Avec une virtuosité jamais ostentatoire, ils peaufinent des dialogues taillés au rasoir et, en même temps, cherchent à s'affranchir de leurs propres conventions en ouvrant de nouvelles perspectives. On est à la fois en terrain familier et en territoire inconnu. La dernière partie très bizarre et follement séduisante tord le cou aux attentes et laisse dans des eaux troubles. Résultat ? Immense.

no country for old men

Comme d'habitude chez eux, la mise en scène impassible, le ton ironique et le rythme nonchalant amplifient l'ironie de chaque situation et l'humour qui en découle. A travers une trame narrative robuste, ils convient des cameos (Tom Hanks, qui semble sortir de Ladykillers), transforment Javier Bardem en Steve Buscemi (génialissime et fascinant) et dynamitent avec fureur et inspiration les codes du thriller. Le film, remarquablement mis en scène et photographié, ouvertement schizophrène dans sa construction narrative, repose sur des combinaisons binaires à la fois simulées et court-circuitées : éclats de vie/silences de mort, drôle/triste, comédie/mélo, tendresse/macabre. A chaque fois, les Coen bros provoquent des ruptures brusques de ton, surprennent au détour du plan suivant et sèment la même pagaille émotionnelle que dans le tohu-bohu Miller's Crossing ou la fin de Barton Fink. Ce n'est pas rien. On en sort accessoirement déboussolé en étant persuadé de ne pas avoir saisi tous les enjeux d'une narration complexe et touffue à la conclusion abrupte et inattendue. Plus que leurs autres opus, celui-ci gagne à être vu à répétition. Cette fois, ils ont franchi une étape en oubliant de se reposer sur leurs lauriers trop précieux. Entre grand film et petit délire de potes, les Coen ont fait strictement ce qu'ils voulaient en ayant le bon goût d'être passionnants à chaque nouvelle tentative. Pour l'heure, gardons la première affirmation : No country for old man est un grand film.

Romain Le Vern

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willhunting Espérons que celà soit tout de même meilleur    21 mai
HellJohn Donk    21 mai
Donk les Coen, ou l'art de faire toujours le même film    21 mai
HellJohn yes !    21 mai
Snowman YAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH !!!!    20 mai
 


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