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COUP DE COEUR : IMPORT / EXPORT (CANNES 2007)

COUP DE COEUR : IMPORT / EXPORT (CANNES 2007)

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On a connu l'autrichien Ulrich Seidl avec Dog Days, premier long métrage de fiction rudement impressionnant où le documentariste jetait sur ses contemporains un regard acerbe et misanthrope en barbouillant la carte postale de personnages névrosés et pathétiques. Conservant ce ton acide, l'auteur, trop souvent réduit à l'émule de Michael Haneke pour sa capacité à filmer clinique et faire jaillir les horreurs d'un pays monstrueux, réalise avec Import / Export, une fiction unique et rigoureuse, où cérébral rime avec viscéral. Un chef-d'oeuvre, peut-être.

IMPORT / EXPORT
Un film de Ulrich Seidl
Avec Maria Hofstätter, Georg Friedrich, Herbert Fritsch
Durée : 2h16
Date de sortie : indéterminée


Dog days

Voilà un long serpent de plus de deux heures qui zigzague entre deux existences moisies et fait mal au coeur sans chercher à faire dans l'épate-bourgeois pour mieux traduire avec une force inouïe la haine ordinaire, la vision pas sympathique d'un monde où les mauvais triomphent des justes, l'horreur dans ce qu'elle peut avoir de plus humaine. De quoi donner envie de se révolter ou d'assister passivement au théâtre de l'absurde. Si vous aimez les films qui vous laissent sans voix une fois que vous avez quitté votre fauteuil de spectateur, nul doute que Ulrich Seidl, artiste révolté, corresponde à vos attentes. Mais attention, s'il révèle souvent une capacité à faire naître le malaise, l'auteur opte pour la glaciation émotionnelle pour fuir la complaisance et appliquer les règles du bon vieux docu: totale objectivité sur les événements pour que le spectateur en tire les conséquences (souvent tragiques). Pour ceux qui connaissent ses docus et, surtout, la fiction Dog Days, ils sauront voir autre chose qu'une illustration ostentatoire de la misère: son regard sur l'humanité est misanthrope, ses personnages s'enlisent dans des situations crapoteuses dont ils ne sortent pas sereins.


Dog days

Dans son précédent long, sorte de Short Cuts glauque, il n'hésitait pas à montrer la lente descente aux enfers d'une femme blessée qui soigne son manque d'amour en empruntant une posture masochiste, un vieil homme qui crame sa chair flasque au soleil, une beauté gâchée par un petit copain possessif ou encore une folle qui se faisait accuser par un homme spécialisé dans les alarmes pour masquer son incompétence. Ici, sur plus de deux heures de bobine que l'on regarde la gorge nouée et les yeux tristes, ce n'est plus une chronique polyphonique mais deux trajectoires migratoires qui regroupent des existences brisées, des névrosés en tout genre et des monstres ordinaires drapés dans la masse: une jeune Ukrainienne qui débarque en Autriche et multiplie les petits boulots peu ou prou minables pour survivre dans un monde où les bons sentiments n'ont pas leur place et un lascar Autrichien flanqué de son papa qui part en route vers l'Ukraine pour fuir une vie impossible et ses combines foireuses.

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  Note des Lecteurs
HellJohn DELT    23 mai
DELT Encore une merde socio-culturelle    23 mai
Donk hé oui, y'a aussi des cinéphiles dans le tas ! 10    22 mai
 


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