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CINE : PERSEPOLIS (CANNES 2007)

CINE : PERSEPOLIS (CANNES 2007)

Tout sur PERSEPOLIS - La Critique - Le 2007-11-04 14:15:13


Pour moi c'est indéniablement la Palme d'or, et si ce n'est pas celle du jury, ce sera la mienne.

PERSEPOLIS
Un film de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud
Avec les voix de Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Danielle Darrieux
Dyrée : 1h35
Date de sortie : 27 juin 2007
> BANDE-ANNONCE

Téhéran 1978, Marjane n'est encore qu'une enfant, néanmoins, du haut de ses huit ans elle ne cesse de poser des questions. Vive et curieuse, elle s'intéresse à ce qui se passe autour d'elle, rêve de devenir le dernier des prophètes, de sauver le monde et suit avec un intérêt exalté au travers du regard de ses parents, de sa grand-mère, de ses oncles, les évènements politiques qui rongent son pays, la révolution, la chute du Chah, l'instauration de la République islamique qui impose le port du voile et tyrannise ceux qui ne se plient pas aux nouvelles règles, la guerre contre l'Irak.

persepolis

Difficile d'éduquer une adolescente dans un contexte où les libertés premières sont bridées, les parents de Marjane l'envoient donc poursuivre ses études en Autriche, à Vienne. Elle n'a que quatorze ans, sa mère s'évanouit lorsqu'elle passe la porte d'embarquement et Marjane va connaître une autre révolution, plus personnelle, celle de la vie, de l'amour, la passion, vertigineuse et blessante, la trahison, la solitude, l'indifférence. Elle se construit et après un cheminement parfois chaotique, elle finit par raconter son histoire sous la forme d'une bande dessinée, devenue rapidement un best-seller mondial, un journal intime où les problèmes de l'enfance, et ceux de l'adolescence vont de pair avec l'avènement de la révolution islamique et la guerre fratricide contre l'Irak. Persépolis, c'est une peinture en noir et blanc, sublime, profonde, poignante et drôle, réaliste et lyrique de la vie d'une jeune iranienne confrontée aux tourments politiques qui enflamment son pays. Un récit renversant dont personnellement j'attendais avec impatience cette adaptation cinématographique prévue depuis plusieurs années. Avec impatience, mais également avec une certaine angoisse, avec la peur d'être déçue, de ne pas y retrouver toute la puissance qui se dégageait des dessins de Marjane Satrapi, sa force étant de mettre en image la vérité souvent cruelle avec une certaine forme de naïveté, avec un humour qui rompt systématiquement avec toute forme de pathos, avec un certain onirisme. Cette angoisse s'est muée hier en une joie réelle et je suis sortie ravie et émue de cette projection de la version cinématographique de Persépolis. Les échos sont d'ailleurs particulièrement enthousiasmants, le film fait quasiment l'unanimité, autant auprès de ceux qui connaissaient la bande dessinée que de ceux qui ne la connaissaient pas, et la projection fut suivie d'une standing ovation de près de 25 minutes.

persepolis

Le film, qu'elle a réalisé avec la complicité du compositeur Vincent Paronnaud, respecte le graphisme de la bande dessinée en y associant une dynamique cinématographique singulière et inventive. Il est raconté sous la forme d'une série de flash-backs dont le noir et blanc stylisé exploite à merveille le port obligatoire du tchador et exprime de façon inconsciente le manichéisme d'une société fondée sur des interdits absurdes et des transgressions suicidaires. La particularité de Persépolis réside en effet dans son double niveau de lecture délibérément adulte. D'un côté, les affres de l'âge ingrat et le parcours initiatique d'une gamine aux prises avec la mue de son propre corps (la séquence au cours de laquelle elle passe du stade d'enfant à adulte est irrésistible), de l'autre, une évocation de l'histoire iranienne qui évite le manichéisme en expliquant que le shah était un tyran et que les barbus qui lui ont succédé n'avaient rien à lui envier. Une évocation également très limpide et concrète pour tous car évoquée de manière quelque peu « enfantine » mais particulièrement précise et pertinente. En contournant tout raccourci binaire, Marjane Satrapi confère à son propos une portée historique universelle d'autant plus pertinente que le passé est évoqué sous la forme d'une série de miniatures persanes fort réussies.

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  Note des Lecteurs
peeping tom de l'animation mature 9    11 juil
dje59 très beau film 10    04 juil
tekhos le cinéma d'animation français    03 juil
locktal Très beau film d'animation, qui dresse le portrait effrayant d'un régime totalitaire... 9    01 juil
nicofeel Un très bon film d'animation, qui invite à la réflexion 9    27 juin
Graindesable Sans surprise...    25 mai
 


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