Alors que la poule aux oeufs d'or de DreamWorks revient sur nos écrans pour un troisième volet (
Shrek le troisième en salles le 13 juin 2007), le temps est venu de faire un petit récapitulatif de presque dix ans de films d'animation en 3D du studio américain. Avec près d'un film par an, la branche animation du studio créé par Spielberg, Katzenberg et Geffen roule sur les traces du rival
number one, Pixar (également 8 films avec la sortie de
Ratatouille cette année) et de ses productions souvent CLASSE INTERNATIONALE. De fait, DreamWorks n'assure pas le même gage d'excellence que son concurrent mais peut se targuer de quelques belles réussites. Le point avec ce CLASSE/PAS CLASSE des films 3D de DreamWorks Animation.
FOURMIZ PAS CLASSE
Alors que Pixar a frappé fort avec
Toy Story en 1995, DreamWorks lui coupe l'herbe sous le pied en sortant en 1998
Fourmiz, quelques mois avant le
1001 pattes du studio à la lampe. Histoire de fourmis, donc, où fourmille une pléiade de stars (Woody Allen, Sharon Stone, Sylvester Stallone, Jennifer Lopez, Dan Ayckroyd, Gene Hackman, Anne Bancroft, Danny Glover, Christopher Walken, rien que ça !) mais qui tourne franchement en rond. Car si la fourmi ouvrière Z-4195 aspire à la liberté individuelle et bouleverse l'organisation de la cité en s'amourachant de la princesse, en la kidnappant pour l'emmener au dehors de la fourmilière et en mettant en échec les plans de suprématie du général Mandibule, Z revient au final à la force collective du groupe pour sauver la fourmilière et reproduire le même fonctionnement social. A l'instar de l'ensemble du film, l'histoire ne parvient pas à trouver un équilibre cohérent entre naturalisme et anthropomorphisme, remettant en cause de façon maladroite le principe d'organisation de la fourmilière où affleure un discours politique, ou calquant des comportements humains malvenus sur les fourmis (la fausse bonne idée de prendre une fourmi en plein mal être à l'imitation des rôles de Woody Allen par exemple).

S'accompagnant d'une trame générale convenue et manichéenne, ce mélange mal dosé entre le réalisme et les activités humaines donne l'impression d'un calquage assez arbitraire (comme lorsque les fourmis soldats marchent en légion romaine sur les termites) et surtout peu imaginatif (comme lorsque Z parodie la danse de Travolta). De fait,
Fourmiz apparaît alors très terre-à-terre et manque de folie, d'envolées imaginaires, et même d'humour pour convaincre. Ce défaut narratif se retrouve d'ailleurs de la même manière dans le design des personnages qui manque de stylisation, figure les mauvais choix entre les attributs humains et ceux des insectes, et s'avère au final très laid. Pas très imaginatif non plus dans sa réalisation,
Fourmiz se fait écraser sans pitié par
1001 pattes.